Fille

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22/03/2013 09:50

1966 Queen of the Highway

Tags : Fille, amour, hero, speed, Londres, sibérie
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She was a princess, queen of the Highway.
J.Morrisson « For the Doors »

 

1966 L’amour dans deux siècles.

La comtesse de X.

 

C’était il y a très longtemps. J’avais décidé d’aller passer une semaine ou deux à Londres. Ecouter du rock – Me balader à Portobello road le coin le plus branché - Faire les puces, m’acheter un blouson de cuir noir, une veste en velours,  une  chemise à motif psychédelique, un foulard en soie blanc. Ou rien de tout ça !
La  fille m’a de suite fascinée.
Je l’ai rencontrée sur un Ferry. Un de ces engins étranges qui traversaient la manche sur une mer démontée. Le Ferry c’était une nuit de folie avec alcool et cigarettes à des prix hors taxes. L’odeur du moteur écœurante se mêlait à celle de la vodka  pure-  Des types vomissaient trippes et boyaux dans les toilettes et des fois carrément sur le pont.  Ca m’arrivait plus souvent qu’à mon tour.
Ah la fille …    
Elle avait les yeux clairs,  transparents, d'un bleu volatile, plus léger que l'air. J’avais peur que son regard ne soit aspiré par un nuage.

Mais aussi un regard profond,  dense - attirant comme un lac sans fond. 

Un regard  froid,  métallique, comme un des ces lacs de l'Arctique. Comme aux  pôles,  Il affolait toutes les boussoles, tous ceux qui cherchaient à le cadrer.
La fille  était la Comtesse de X. Elle me dit que X. suffirait. Nous avons bcp bu elle et moi.  J’étais malade à cause du roulis. Elle s’est un peu moquée. Elle m’a dit que c’était rien par rapport aux longues croisières sur la mer de Vetlavski  du coté de la Sibérie. Elle est entrée dans les détails : Iceberg brise-glace, coucher de soleil sur la banquise -  Le soleil bleu  « cosmique ».  Tu verrais comme c’est beau ! Tu peux même pas imaginer.
Elle me fit cette confession lors de la traversée entre Calais et Douvres. 
J’étais censé répondre quoi ? Je le connaissais pas ce nom ! La mer de « VetLapski » ? Elle avait sans doute bu un verre de trop.

X. se désespérait d'être un princesse déchue mais, dans un sanglot-moqueur, m'avoua à l'oreille qu'elle s'en fichait éperdument.
Ensuite on a discuté de tout et de rien
Vivre pour la seconde présente.
Ne pas s'attacher aux détails.

Ne s'attacher à rien. Voir une dernière fois le soleil se coucher.

Je nous commandais une bouteille de Champagne car on commençait à déprimer et à tomber dans un trip morbide.
X. est partie dans sa « cabine » – elle m’a dit en riant « je suis morte de fatigue ». Avec tout ce qu’elle avait descendu ! Moi aussi j’étais cassé brisé étalé en mille morceaux.
Ensuite j’ai été hyper malade, mer agitée et abus d’alcool. J’ai du m’endormir sous un rayon de Lune.

Au matin X. avait  disparu.

M'a laissé quelques mots en écriture cyrillique, indéchiffrables.

J'ai gardé le papier. Je l'ai fait traduire.

La lettre m'expliquait qu'elle était morte en 1766. Elle n’avait que 18 ans et avait succombé suite a une épidémie de peste (ou de typphus).
En 1966 Ca ne se voyait pas du tout. Elle était juste venue faire un tour dans «le présent» .
Histoire de ne pas rater les années folles du «Swinging London» : Les Moody Blues, les Yarbirds, les Pretty things,  Donovan et Jeff Beck etc. J’ai d’abord pensé « Y sont hyper bien renseignés la haut».
1966 : Vous ne le croirez pas mais j'avais alors 18 ans.
Et puis d'un coup j'ai flippé- J’ai vu des cimetières et sa tombe illuminée. Je me suis mis à boire encore plus.  Et aussi à croire aux fantômes.

Alors c'était "ca" l'Amour?.
Tomber raide dingue pour une fille morte en 1766 ? –
Y qu’à moi que ces trucs arrivaient.

J'étais consterné mais aussi très intrigué et la pâleur de sa peau déjà me manquait. 
Tout comme la douceur des ses lèvres lors du seul vrai baiser que nous ayons échangé.
Elle était douce et tiède - Tout le contraire d'un fantôme, d'une apparition vieille de deux siècles.

C'est à cette époque que j'ai commencé à prendre de l'acide du LSD. Pour briser à jamais le mur de la réalité. Pour faire reculer la mort - L’acculer dans un coin et l’étrangler vivante. Je me suis habitué à vivre dans un réel halluciné. Un univers surréaliste teinté de sang -de rêves écarlates étalés sur les murs. La photo  d’une petite fille tirée par un tank américain m’a longtemps empêché de dormir.

Sous  X avec Jim

J'ai revu X quelques fois au début des années 70.
On faisait l’amour dans son cercueil –  très excitant – on s’éclairait à la bougie. Et j’aimais  contempler son corps nu a la flamme d’une allumette.  Elle dormait  au « Père Lachaise » tout près de la tombe de Jim Morrison –  Jim, un rival redoutable qui savait trop bien embobiner les filles-  y compris les duchesses de Sibérie. Pas question de le concurrencer. Jim appelait X. « Queen of the highway ». Tous les trois à discuter autours d’un feu de camps. Je me souviens d’une superbe version acoustique de «Cars hiss by my window».

"A cold girl 'will kill you  in a darkened room" -

Cool non?
On était plié de rire.
Ah J’aurais échangé ma place pour rien au monde !!!
LSD – Des princesses désenchantées, des princesses de sang trop belles  pour être capturées par un simple appareil de photo ou par une bague de fiançailles.

Trop belles pour avoir pu exister, le LSD n'y changerait rien. ....
Chaque fois que je me réveillais j’étais un peu plus déprimé, un peu plus défoncé.

Sous speed sous héroine

En 1970, peu après le décès d'un ami (un  accident de moto), j'ai commencé le speed  et un peu plus tard l'héroïne a répétition.

Le speed se consomme glacé en injection IV.  Dans du papier sulfurisé.

L'héroïne est chaude, sensuelle - Douce comme un  baiser de fille .

Il faut mélanger les deux. Un peu de speed -- un peu d’héroïne. A défaut de speed la cocaine peut faire l’affaire. Il s’agit de cocktail dangereux – très.
Speed - Pour la vitesse l’excitation,  la moto à fond sur un circuit de F1. The cristal ship/ Light my fire/ Patty smith et Television. Et aussi  “Best of the Kinks” ( inclut ‘you really got me’).
L’Heroine pour la nuit éternelle, pour une coccinelle attrapée un après midi d’été. Finalement relâchée. Ecouter les trains de banlieue freiner dans un bruit d’enfer après un flash au gout d’éther.

Sous speed,  Le ciel  te tombe dessus, fonce droit sur toi. De partout les murs se  fissurent.
Le fracas des guitares électriques se brise et se déchire sauvagement dans ta tête. A saturation.

Héroine : Toute ton attention est focalisée sur la petite cuillère juste au dessus du briquet– Vous vous bousculez gentiment car y a qu’une seringue pour 3 et la descente de speed ne fait pas de cadeaux. Vite l’héro ! Ca se passe Il y a longtemps dans les années 60- 70.

 

Morte en 1766 ?
Comment oublier la blancheur de cette peau ? IL ne faut pas essayer.
J’aurais du y penser avant.

(Je l'ai déja écrit) "Je préfère quand je suis pas amoureux" mais tomber amoureux c’est comme un avant gout de paradis, un moment de plaisir fulgurant qui restera à jamais gravé dans ta vidéo intérieure. Donc je sais plus trop ce que je préfère ou pas.

Copyright Claude Bourstin Mars 2013 –

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