K.

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26/02/2013 22:52

Héroïne de Tel-Aviv

Tags : Drogues, héroïne, amour, sexe, érotisme, Israël, kibboutz, K., 1979
[Entrée mise à jour le : 07/02/2014] [Entrée mise à jour le : 07/02/2014] [Entrée mise à jour le : 07/02/2014] [Entrée mise à jour le : 07/02/2014] [Entrée mise à jour le : 20/03/2013] [Entrée mise à jour le : 20/03/2013] [Entrée mise à jour le : 04/03/2013] [Entrée mise à jour le : 03/03/2013] [Entrée mise à jour le : 03/03/2013] [Entrée mise à jour le : 03/03/2013] [Entrée mise à jour le : 02/03/2013] Un ami m’a mis au défi d’écrire un texte « érotique ». J’ai voulu relever ce défi amusé et piqué au vif. Je ne suis pas certain que le résultat soit « érotique ». Les amateurs - Les spécialistes seront déroutés, déçus voire carrément frustrés. Ca veut dire quoi « Erotique » ? La vie la mort l’amour la drogue ? J’ai toujours préféré les filles. Elles m’ont trop souvent échappé. Le 12 février 2013 Clodb168, Cnash sur toile-libre. C2013 Copyleft in blankt

«Il a des crises tu comprends ? 
Depuis qu’il est tout gosse il a des crises»
« Jeux pour mourir », Une BD de TARDI d’après Charles Véran.

Juin 1978. Premier voyage en Israël : Une cure de méthadone et je me suis débarrassé de l’addiction à l’héroïne. Je pars décroché au mois de juin et je suis pris en charge dans un Kibboutz. J’ai le sourire aux lèvres … J’ai réussi à m’en tirer vivant ! J’ai la rage de vivre, de rattraper toutes ces années avalées par les drogues dures. 

Mais … en septembre 1979, retour flash-éclair à Paris. 


1 - Je préfère quand je suis pas amoureux

Paris - Je n’y rentre pas pour tricoter mais pour reprendre de l’héroïne. Ça dure pendant un ou deux mois. Et pis d’un coup j’en ai marre ! Je repars seul. Je fuis Paris. Amoureux ? Je triture ce mot dans tous les sens - Ça veut dire quoi amoureux pour un drogué ? Se piquer dans la salle de bain ? Faire une O.D. direct ? Se retrouver dans le couloir des urgences ? Et dès que tu sors de l’hôpital le rush sur l’héroïne, etc... ?
Je préfère quand je suis pas amoureux.

Décembre 1979 : De retour mais cette fois à Tel-Aviv


2 - Regarde ce mec on dirait qu'il a peur

Je pars début décembre en manque d'héroïne. Il pleut à torrent – Roissy est presque désert car j’ai choisis un vol de nuit - J'ai un peu de dope sur moi pour "boucler" en arrivant. Une seringue neuve dans mes bagages à main... 
J’ai les cheveux mi-longs et une veste en cuir noir.
L’héro est dans mon portefeuille. Combien j’ai ? Un gros demi-gramme ? Maxi. C’est mon choix. Partir avec juste un peu pour l’arrivée.
Un drôle de choix tordu mais c’est le mien.
Le manque commence à monter, ou c’est l’angoisse du manque. Je suis en sueur ça dégouline.
Je n’ai pas assez de Kleenex pour m’essuyer.
Les mecs de la sécurité sont jeunes. Ils discutent entre eux "Regarde ce mec on dirait qu'il a peur". Dès que je capte... Je prends les devants - Je leur dis en français :
- …Oui j'ai peur … Cette fois, je vais tenter ma chance en ville et ça me fait peur…. Bla bla bla

Ils me rassurent me souhaitent bonne chance en français.

3 - Fanta orange et petits beurres

A l’arrivée l’avion vole très bas. Le pilote nous présente Tel-Aviv «la ville qui ne dort jamais ». On atterrit en même temps qu’un vol qui vient d’Union-Soviétique. En 1979, L’URSS laisse sortir quelques juifs au compte goutte. Il y a de tout. Des Refuzniks, des Babouchkas sorties de leur campagne. Les formalités sont interminables. Des heures. Il faut répondre à 100 000 questions, faire des papiers provisoires - nous expliquer ou on va etc. Une grand-mère russe ne comprend pas pourquoi elle n’est pas dirigée vers Jérusalem. Elle commence à faire un scandale, à pleurer. Le type lui répond que «tout le monde ne peut pas y aller»… Enfin je suppose. Ils discutent en russe avec des bribes en hébreu.
Enfin, c’est mon tour - Le type m’explique que je vais dans une résidence pour « émigrants diplômés » près du campus de l’université - «Ramat-Aviv» - Oui je connais. C’est à 15 minutes du centre de Tel-Aviv. Et oui j’ai un sacré chance.  Sauf Je ne l’écoute pas je ne pense qu’à mon shoot. Je le presse un peu. Il est 4 ou 5 heures du matin. Je lui dis que je suis fatigué. Fatigué et malade. Rien juste un rhume… Je me retrouve dans un Taxi. Le prix de la course est déjà payé. Le chauffeur me souhaite la bienvenue - Je marmonne quelques mots – Le minimum. En manque, les entrailles ne vont pas tarder a me lâcher. Je suis concentré sur le shoot. J’en pleurerais. Je serre les poings tellement c’est dur - Vite ! L’autoroute est déserte. Le taxi prend tout son temps. Les lumières de la ville sont éteintes. (Le jour se lève ?)
Il pleut ici aussi. Je demande si on est encore loin, aussi poliment que possible. J’ai du mal à respirer.  J’ai froid comme si le taxi était climatisé. On se tape un barrage - Papiers et torches braqués dans les yeux. Ils recherchent un chauffard. La fatigue adoucit un peu le manque d’héro. Je m’endors à peine 5 minutes. On arrive – à la résidence. Les formalités sont rapides. Fait il nuit ou jour ? Un type avec une «Kippa» me donne une grosse bouteille de Fanta et une boite de petits beurres. C’est la coutume depuis 1948. Une habitude, un « protocole » atypique… mais sympa.
Je me retrouve dans une chambre spartiate que je n’ai pas le temps de détailler.
Ensuite vite !
Je me shoote – je me reshoote.
Il m’en reste un peu pour le lendemain. Sauf on est déjà le lendemain.
Bizarrement je suis presque content – Je suis «débarrassé» – Plus d’héro. Plus de calculs - Plus de jeux pour retarder le manque, la douleur fulgurante qui m’attend.


4 - Le manque .... 

Je passe quelques jours dans la piaule. Glacé ou brûlant de fièvre. Je me glisse dans un duvet – Trop la flemme- trop malade pour faire le lit.

Ensuite : Alcool – tranquillisants - chambre crado - cafards - odeurs acides du manque - Arak - eau de javel - … ++ ?
Dès que ça va un peu mieux, je me traîne dans le hall au rez-de-chaussée - Le seul endroit pourvu de cabines téléphoniques. J’ai le même jean, le même T-shirt qu’à Roissy. Je ne me suis ni changé, ni lavé ni rasé depuis mon arrivée. Ça doit faire déjà quelques jours. La vague de manque très violente a quitté mon corps. J’ai dormi quelques heures grâce à des comprimés de Valium et à quelques verres d’Arak, de whisky acheté au duty free. Un sale gout d’alcool et de mégots froids me suit partout.

... et K.


J’appelle mon amie K.- Elle a 19 ans et fait son service militaire. Elle va aussi à l’université. Elle doit bosser pour payer la fac' et pour aider sa famille. J’appelle chez ses parents. Je tombe sur la maman qui parle arabe, à peine hébreu et pas du tout le français ou l’anglais. Je laisse mon prénom. En arabe ou en français Clodb se prononce pareil. J’essaye de lui faire comprendre que je suis de retour «au pays».
Le lendemain j’appelle tôt le matin. K. s’empare du téléphone.
- Clodb t’es déjà revenu ? Tu joues au Yoyo ?
(Toujours aussi impertinente et directe !)
Sa voix me réchauffe. Me force à sourire. Comme d’hab' K. me parle en Français.
Je lui indique où je suis, que je flippe- que j’ai une de « ces crises d’angoisse » etc... Et que je vais mourir sans elle bla, bla, bla… Je ne lui parle pas de l’héroïne …
- Arrête avec l’angoisse!!!  t’es toujours angoissé.
K. stoppe net le déluge de mots.
Je suis tétanisé à l’idée qu’elle pourrait me raccrocher au nez. J’ai envie d’elle. J’ai envie de son odeur. De la serrer contre moi. Viens K . Promis je ferai pas la gueule et je serai pas angoissé.

5 - Bon tu sais quoi ? Je vais essayer de passer

K. est d’origine yéménite ou irakienne. Sa peau est mate, presque noire, et ses cheveux longs et bouclés. Pour moi K. est L’israélienne type. Celle qu’on voit sur les cartes postales. Elle ressemble à une arabe et elle se déteste pour ça. J’ai beau lui dire et redire qu’elle est belle … Elle explique que pour elle c’est deux fois
« plus dur » de trouver un job.
Plus dur que pour les juifs de souche européenne comme toi !

6 - Elle arrive très vite.

J’ai juste le temps de me raser (mal). De balancer mes sous vêtements sales dans un espèce d’incinérateur. « Par le fer et par le feu ». C’est vraiment trop crado. Et ce T-shirt puait le manque. Bye, bye, bye…

7 - Le Valium ? t’es sur que t’en as besoin ? – Une petite culotte usagée.

K. Entre dans la chambre et dit juste en Français.

- Mais t'es tout blanc et squelettique !

Je sens qu’elle est tout à la fois fatiguée, en colère, irritée et contente de me retrouver.
Elle jette un regard dans la chambre. Il s’est passé quoi ici ? Un ouragan ?
K. vide calmement les bouteilles d'alcool dans l'évier : En quelques secondes y a plus rien.
- Le Valium t’es sur que t’en as besoin ?
J'ai une bouffée de haine dirigée contre moi. Oui K. laisse-moi juste une boite stp. (J’en ai une autre planquée dans ma valise – Juste à coté du xanthene 50).

Elle nettoie ma chambre – Trouve une petite culotte de femme sous l’évier. Sûrement la locataire me précédant (mais je dis rien). Elle la brandit comme un trophée au bout d’un balai. Ses yeux pétillent - jettent des étincelles.
- Clodb vraiment t’es pas sérieux !
Enfin elle sourit. Et elle ajoute « pas si squelettique que ça ! C’était pour bien t’angoisser ».
Elle me pousse sous la douche brûlante ^. C’est pas la première fois qu’on prend une douche ensemble. Elle retire son uniforme….On dirait que « Tout » est fourni par Tsahal.
Clodb pas de manières - Faut que je me douche aussi. NUE. J’avais oublié comme elle est belle. Je fais glisser mon slip. J'ai honte tellement je suis crado - Après elle me frotte au savon que j’évite comme la peste. Elle me frotte comme si j’étais un gosse de 12 ans puis doucement entre les jambes et j’ai une érection. Je jouis nerveusement, sans honte, sans crainte de représailles. Le manque rôde encore mais par bribes. Le gros de l’orage est passé mais pas le désir de me défoncer ni le désir tout court. Je lui dis d’arrêter de frotter que j’ai jamais été aussi propre. Qu’elle va m’arracher la peau.
- J’y compte bien !
Elle éclate de rire.
K. a un rire qui pourrait achever des cardiaques ou redonner la vue aux aveugles. Après tout on est au pays de la Bible, de la Cabale, du Coran et du Nouveau testament. Pays de tous les prophètes, des miracles et des malédictions.

8 - La fille qui aimait les douches - Explorations

J’aime ses marques «blanches» du coté des seins – minuscules -, et la trace du slip : Le petit triangle blanc ou se trouve le nombril puis noir au creux des jambes et ses fesses petites et musclées. J’ai une bouffée de désir que je ne contrôle pas.
J’ai le sexe ramolli et fripé (la douche). Elle me prend dans ses lèvres, sa langue est timide, puis elle me suce comme si j’étais un dessert, une glace (Banana split ?). Le mouvement de sa langue, ses gestes sont maladroits. Elle tâtonne en mode «explorateur» – Sa maladresse m’excite encore plus. Je rêve. Dans le rêve un moment j’explose. Elle sort juste à temps. Je l’embrasse du coté du triangle blanc. Je descends là ou c’est noir et bouclé. Elle desserre les jambes et se laisse aller. Son corps a un gout de miel sauf que ça ne colle pas. Je voudrais que ça ne s’arrête jamais. Ensuite j’ai à peine le temps de la pénétrer - son sexe est mouillé de partout. Son corps se tend se détend et s’apaise. Elle me serre le poignet avec une force étonnante et porte ma main à sa bouche. Ma main doit avoir un gout de sperme et de miel.
Ensuite je lui caresse le dos, les fesses – j’essaye d’être aussi léger qu’une plume.
Je ne suis pas assez léger pas assez détaché. Son regard hypnotique me plonge dans un état de transe - J’ai envie de la caresser. De la sentir frémir quand je joue avec son clitoris. Elle me guide pour bien me faire sentir là ou ça provoque des décharges électriques. C’est du plaisir à l’état pur. C’est la première fille qui m’explique avec des gestes simples et des mots. Là oui et non Clodb pas là ! - Et oui j’ai 31 ans révolus ! Il est temps que je boucle mon éducation « sentimentale »
- Je pourrais le faire seule tu sais … Mais c’est bien mieux avec toi.
Elle se retourne me fait face. Elle prend mon sexe dans ses mains. Caresse du coté du scrotum. Me raconte des histoires pour que je pense à autre chose, pour retarder la sortie du sperme brûlant. Elle m’apprend à contrôler mon plaisir. On échange un long baiser sans respirer- En apnée.
Cette fois on colle de partout.
On se redouche ^^ (Glups !)  on se recouche … Je lui fais du bouche à bouche …et on dort un peu.
Quand je me réveille Il est 6 heures du matin. K. est à coté de moi. Elle a juste enfilé une petite culotte. Je vois ses seins palpiter, bien calés sur sa respiration.
C’est encore l’époque ou les filles portent des culottes en coton blanc. Comment retirer cette culotte sans la réveiller ?
Ma main qui traîne sur le coton blanc – C’est juste un jeu. J’arrive à la baisser de quelques millimètres mais K. ouvre les yeux et me dit de continuer. Zut Elle casse le jeu.
Je ne trouve aucune solution.
Le coton blanc sur sa peau noire me donne le vertige. Je vais faire du café. K. se lève peu après moi. Ensuite elle se reprend une douche rapide seule ^^^ ( OK C’est une accro) - Enfile un mes pull le temps de se sécher- Allume une cigarette. Je pense a ce corps sous le pull– J’ai envie de l’embrasser, de lui chatouiller les seins. De revoir sa cicatrice d’appendicite. Mettre ma langue entre ses jambes - la toucher partout. J’aime trop quand elle jouit. C’est très excitant. Elle me dit «personne ne me fait jouir comme toi». (Quelle flatteuse !).  
Ajoute que «les garçons» sont pressés trop brutaux - comme s’ils ont un truc de plus important à faire après.
La chambre n’est pas chauffée. Pas besoin avec toute cette buée.
Je lui dis demande de retirer le pull. K. stp. Allez. Tu veux je te le demande à genoux ? Elle retire le pull d’un coup sec.

Avec tes yeux plein de désir de moi


K. me dit qu’elle aime quand je la regarde nue et ajoute
«Avec tes yeux plein de désir de moi» . «Concupiscent». Faudra que je le suis apprenne ce mot. Mais je préfère « les yeux plein de désir de toi »
K. Tu peux me faire jouir avec tes yeux ou tes mots.
Tu sais Clodb - Je n’ai jamais eu douche pour moi seule. Et à l’armée, c’est pire ! L’eau souvent est à peine chaude. … Ah là pas de problèmes K. ! Tu peux reprendre une douche …
^^^ + ^ = ?
Je l’embrasse doucement sur la bouche.
Je lui mordille les lèvres. Sa peau est fraîche et brûlante à la fois. Je ne me suis jamais senti aussi bien avec une fille. Je n’ai pas besoin de la calculer. Elle se presse contre moi. On est serrés comme des gosses fous amoureux. D’un coup elle fond en larmes me serre encore. Mais jamais- Jamais elle me dit  qu’elle m’aime. Elle reste là nue sur le ventre, comme si j’allais la peindre. Hélas K. je ne suis pas Goya.
Bouche, douche, cartouche, pas touche - hiboux genoux cailloux choux.
J’essaye de penser à rien.
J’y arrive pas du tout. La caresser encore là ou c’est blanc et chaud. Lécher le lait, le miel, et le reste. Elle sent bon le savon pour bébé. J’aurais envie de la garder encore un peu.
Je pourrais l’attacher sur le lit ? Je repousse cette idée. Je sais qu’elle doit partir. Décidément Je la préfère en liberté !
Ah je pourrais lui piquer sa jolie petite culotte blanche posée sur le lit …  Débile. Elle partirait quand même …
K. précise :
- Clodb je ne fais pas « ÇA » souvent. Avec toi dans cet état – Elle a du mal a trouver ses mots. J’en avais envie tu sais ? C’est un secret entre « toi et moi » -- T’en parles pas a mes copines hein ? Elles sont tellement «Square» (Oui ! Promis motus). Et tu dis pas que j’ai pleuré hein ?
Non K. Mais pourquoi ces larmes. J’ai encore beaucoup à apprendre.
« ÇA ? »  Je n’ose pas « approfondir ».
K. n’a pas encore 20 ans.
C’est encore une gosse.
Elle demande « Et la petite culotte que j’ai trouvée en arrivant ? Je la mets à la poubelle ou tu fais la collection ?» Elle est pliée de rire.
Une gamine.
Je n’ai pas le temps de répondre elle file – Elle est partie.

9 - Du lavage de dents

Je ne suis pas amoureux d’elle. Elle ne me dit pas je t’aime mais t’es trop mignon. Elle sait que je la respecte. C’est un modèle féminin de ce que j’aurais aimé être.
Pour K. faire l’amour est un acte « hygiénique ». On en déjà discuté ;
Un peu comme se laver les dents ? Alors elle se les lave souvent ( J’en sais rien ). K. est une jeune fille déterminée et très libérée - sans complexes, bien dans son corps, lucide, volontaire, ne se dope pas, ne se donne pas à n’importe qui. N’importe quand. Ne se vend pas. K. a décidé que son corps ne sera jamais une marchandise. On en a longuement discuté car elle y avait pensé pour payer ses études. Elle a rejeté l’idée. En conséquence elle fait des ménages, garde des gosses, donne des leçons de Français en cours particulier. A l’époque c’est courant « la prostitution dépannage » pour payer les frais élevés de l’université. Me dit-elle toute la vérité ? Elle m’a confié avoir fait l’amour une fois avec son prof de Karaté. Pas pour du fric – c’était juste «hygiénique» et aussi pour emmerder sa femme (une grosse dondon râleuse très possessive). Dis tu me crois hein ? hein Clodb Stp ?!! Je dis rien - Je suis troublé.. L’hygiène et moi on est fâché. Je le lui murmure « Il t’a touché comme ça ? » - Non ! Il a pas ton imagination de sale pervers… T’arrêtes pas. Continue mais plus doucement - Elle me prend la main et la pose sur son sein gauche. Tu sens mon cœur comme il bat vite ?
K. m’a tout donné. J’ai surtout pris. J’ai dérobé des morceaux de bonheur.

Peut être j’ai rien à donner ?
Sans elle je m’en serais jamais sorti. En ce mois de décembre 1979 K. m’a sauvé la vie. Elle m’a donné envie de vivre.


10 - Dans la chambre d’à coté – Le papa de K.

Une semaine plus tard le type de la chambre d’à coté se suicide par pendaison.
Un flic m’explique que c’était un russe dépressif. Je suis sous le choc. Le flic m’exhorte à me ressaisir. Il intervient pour que je change de chambre. Me lit des sermons de la bible – Il reste une bonne heure dans ma chambre et m’invite à dîner chez lui. Je décline mais ça me touche. J’ai envie d’être seul. J’écoute « Some Girls » des Rolling Stones.
Je n’ai pas encore changé de chambre. Pas avant quelques jours. J’arrête pas de penser à ce russe. Un type de mon âge d’après ce que le flic m’a dit… Un type plein d’espoirs, de rêves d’une nouvelle vie dans un nouveau pays. Un pays du « monde libre ». Pour la majorité des russes l’arrivée en Israël est une immense déception. Dans ce pays tout est dur.
Pour les russes c’est encore plus difficile. La transition est très brutale et il y a le barrage de la langue. C’est un choc violent politique, culturel et économique. Il est arrivé deux trois jours avant moi. Je le vois se balancer au bout d’une corde. Je ne suis pas venu ici pour me pendre. Pour mourir à 5000 kms de Paris. Survivre – Vivre. Trouver un boulot et surtout revoir K. Cette fille me donne une folle envie de vivre.

Quelques mois plus tard je retire (ou je dépose) quelques dollars pour le papa de K., au bord de la misère et au chômage. Les israéliens en crise ne peuvent plus en retirer. Pour moi c’est rien. Le papa m’a donné un peu d’argent israélien. J’ai essayé de refuser. J’aurais alors gravement heurté sa dignité.
Donner c’est bien autre chose. Donner c’est s’impliquer.


11 - Flashback en mai 1979 : Mon nom c’est K.

Je commence à en avoir mare du kibboutz. Je commence à faire des plans « drogue ». Un soir de mai je rencontre K. De suite le courant est passé.
Elle commence l’armée donc elle a 18 ans.
- Ah tu es français ! Je parle mal mais j’aime cette langue…. Mon nom c’est K.

Effectivement elle parle français presque sans faute de syntaxe, avec un superbe accent ! Une surdouée qui sort des quartiers pauvres de la sale banlieue de
TelAv.
Elle insiste pour parler français. Se délecte quand je corrige certaines de ses formulations. « J’ai envie de te baiser » Non K. t’as juste envie de m’embrasser.  Fais attention avec ce mot !  « Baiser » c’est aussi faire l’amour, ou « arnaquer » quelqu’un ou c’est une insulte grossière. Ne l’utilise pas comme verbe.
- Arnaquer ? C’est quoi « ar-na-ké » ? Des fois je fatigue (…).  On surfe sur des milliers de mots du « français » parlé. Et dis c’est quoi « l’angoisse » ? Tu utilises souvent ce mot. J’essaye de lui expliquer. Je n’ y arrive pas.
Amusée, K. m’appelle « L’angoisse » pendant une semaine.
L’angoisse c’est quand j’ai peur de tout.
Noirs et brillants sont les yeux de K.
Juste avant le lever du jour, les étoiles viennent mourir dans ses yeux. K. a ce pouvoir magique. Elle parle aussi anglais, arabe et elle apprend le yiddish. Le soir, je fantasme sur son corps nu, sur ses bagues et bracelets de quatre sous. Au kibboutz, Elle a un petit copain « de la ville ». Ils prennent leur douche ensemble. Un jour elle me lance « tu viens avec nous ? ». Elle me sourit énigmatique… Plaisanterie, défi, simple blague ?
K. fantasme sur les français qui sont tous des « dragueurs ». Mon embarras l’amuse beaucoup. Beaucoup. Très beaucoup ! J’adore quand elle éclate de rire. Quand elle m’apprend comment on dit « La chatte de ta mère » en hébreu et en arabe. On discute littérature et culture - K. est une gosse qui aime s’amuser et qui est curieuse de tout. Très fine, très intelligente. Elle me bombarde de questions : Le système d’éducation en France (bof), est-ce que j’ai lu Tolstoï (Non), est-ce que j’aime les « Screw drivers », (K. pitié - Je sais même pas ce que c’est !), est-ce que je connais Boris Vian (Un peu – Pas personnellement - Il est mort tu sais), est-ce j’ai vu « le voleur de Bicyclette » ? (Oui y a longtemps) – Parce que tu sais  le film passe à la cinémathèque !!! Bla bla bla.
Avide de tout. Vorace. Telle est K.
Son copain la plaque. Après on traîne toujours ensemble. On discute sur la pelouse dans la chaleur de l’été. Elle me dit songeuse « Ah les mecs... ».  Et elle ajoute mutine « Mek » c’est comme ça qu’on dit hein ? 
- Oui K. mais c’est de l’argot. 
J'ai envie de l'allonger sur la pelouse, de l'embrasser- ses cheveux sentent le jasmin. de lui retirer tous ses vêtements. Mais je la connais pas encore assez bien et on se ferait vider du kibboutz le soir même pour incitation a la pornographie.
On flirte un peu beaucoup. Pas encore à la folie.
Loin des villes et de leurs tentations, le kibboutz est un village planté au milieu du désert. Les postes de TV y sont rares. En 1979, Ils ne diffusent qu’une seule chaîne en noir et blanc. Les postes de radio sont nombreux et fonctionnent en permanence. Chacun écoute le front plissé comme si la guerre allait éclater. En dehors du boulot beaucoup de gens s’ennuient… Au kibboutz tout le monde (ou presque) sait qui pieute avec qui. Qui trompe sa femme, son mari ou les deux à la fois. Qui manque à l’appel au boulot, qui fréquente trop souvent l’infirmerie, etc... L'infirmerie ? Je l’appelle vite « Paracetamol ». Le seul médicament qu’on arrive à se procurer. Les infirmières sont vêtues de blanc avec des chaussures assorties. Elles se déplacent en petite voiture comme en voit dans la série TV « Le prisonnier » ou sur les terrains de golf.

Les nouvelles, les rumeurs pourries – souvent fausses - se propagent plus vite que le vent du Néguev. Tout le kibboutz (4 à 500 personnes) pense que K. est une fille de moins que rien et qu’elle « couche ». Bande de radoteurs frustrés. 
Le kibboutz est aussi un formidable espace de liberté quand tu es jeune et célibataire. En dehors du travail personne n’est là pour te contrôler. Dès 16H30 je suis libre. Pas de transports et bye bye RER. L’été je vais piquer une tête dans la piscine. Le bon temps. Ma chambre personnelle est à l’autre bout du kibboutz, là où sont logés les jeunes qui viennent de l’étranger ou de Tel-Aviv, les célibataires un peu marginaux, les touristes, etc... J’ai une vue superbe sur quelques tentes bédouines.

K et moi… On prend quelques douches. Des fois on se lave les dents... On se douche on se redouche ^^. Il fait très chaud. A l’époque les chambres ne sont pas climatisées. La température dépasse les 35°C à l’ombre presque chaque jour de l’été. J’habite dans un chalet genre « ranch » tout en bois datant des années 60. La nuit j’étouffe – Je prends des douches tièdes. K. est toujours fraîche et fait tomber la température d’un regard de feu en retirant sa petite robe. Tilt ! Je dois être amoureux ou c’est juste le désir de la toucher de la serrer contre moi. Non - Faut être amoureux pour faire l’amour par cette chaleur. La journée je travaille dans une usine de polystyrène. Je trimbale des tas de trucs sur un « Clark » (élévateur). C’est pas très difficile mais Il faut être concentré. Je suis concentré sur K. – Sur la prochaine fois que la verrai. Une pile de 5 mètres de haut se retrouve par terre. Heureusement que je ne trimbale pas des explosifs. Sinon j’aurais fait sauter l’usine. 

12 L’amour avec K. Racisme a l'horizon


Le Kama Sutra, les postures compliquées où tu te casses le col du fémur, pas question. Des fois je me contente de la caresser toute la nuit. De la faire jouir doucement sans prononcer un seul mot. Elle aime trop et me le dit. Elle kiffe quand je la touche à peine. Quand je caresse son dos puis son petit ventre avec une plume d’oie.
Ça me plaît de la voir ainsi jouir sans retenue – Je voudrais être une fille et jouir à répétitions. Chaque soir j’essaye de trouver un truc différent (Glups). Elle apprécie mes « efforts ».
On joue à des jeux pervers - On finira en enfer.
Ses yeux brillent dans la nuit.

Mais jamais elle me dit « Je t’aime ».

Avec K. tout parait simple sans prises de tête stériles sur l’amour chevaleresque ou la performance à tout prix. Elle comprend vite que suis introverti tendu inhibé. Elle sait pour l’héroïne, a vite déchiffré les marques au bras. Comment t’as fais pour arrêter ? (J’ai pas encore arrêté- Pas dans ma tête). Comme moi K. n’a aucun contact avec les jeunes nés au kibboutz. Ils sont bornés, incultes, racistes : « De la graine de Kommando ».
K. est fascinée par la France. Camus, Sagan – Bonjour tristesse - Le Musée du Louvre, les bagues en diamants de la Place Vendôme, la Révolution française, le sexe en France. Les françaises elles font mieux l’amour hein ? (K. - Je préfère avec toi)
Un jour, une rescapée des camps traite K. de « Noiraude ». Je suis ex-cé-dé. Je deviens grossier. Je lui dis d’aller se faire sauter. Le soir même tout le kibboutz est au courant. Dans la salle à manger commune les regards convergent sur nous.

Ah ce racisme entre juifs – venant de gens qui ont traversé la shoah… Je ne supporte pas. Faut-il le préciser le racisme anti-Arabe m’exacerbe aussi.

K. veut arriver percer dans une société qui la rejette. C’est juré ! Elle sera une grande avocate.

13 - «Noirs sont les yeux de ma bien aimée »

Un jour de septembre 1979, K. quitte brutalement le kibboutz pour « l’armée dans les bureaux ». On n’a pas le temps de se dire « au revoir » - Elle me griffonne un numéro de téléphone me laisse quelques mots… « Sans toi j’aurais jamais tenu le coup. T’es mon ami pour la vie …»
Putain là je suis triste.

- Gros nuages noirs- Dépression à l’horizon – Tornades et Ramsin , crache un poste de radio.
Une nuit je caresse K. avec une fleur. Elle s’amuse à la magicienne « T’es en mon pouvoir ». Là c’est moi qui craque. Je sais plus où je suis. Je me réveille brutalement et d’un coup j’ai envie de dope. De smack.

Une semaine plus tard je rejoins Paris pour l’héroïne.

…Décembre 1979… K. tu me manques trop. Plus que l’héroïne. « Noirs sont les yeux de ma bien aimée » (sûrement tiré du Cantique des cantiques – Un texte sublime).

Retour à Tel-Aviv je sais que la trouverai et j’ai pas perdu son téléphone.


Les noms les lieux ont été changés. Tout a été changé. Ca se passe dans une autre galaxie avant que le liberté soit interdite.
Toute ressemblance bla bla bla

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Mise à jour le 3 mars 2013

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