Dam

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26/03/2012 16:06

Amsterdam 1971 to 1975

Tags : Douanes, flics, dealers, dam, route de nuit, yardbirds
[Entrée mise à jour le : 11/04/2012] [Entrée mise à jour le : 06/04/2012] [Entrée mise à jour le : 06/04/2012] [Entrée mise à jour le : 06/04/2012] [Entrée mise à jour le : 06/04/2012] [Entrée mise à jour le : 05/04/2012] [Entrée mise à jour le : 05/04/2012] [Entrée mise à jour le : 04/04/2012] [Entrée mise à jour le : 04/04/2012] [Entrée mise à jour le : 04/04/2012] [Entrée mise à jour le : 02/04/2012] [Entrée mise à jour le : 02/04/2012] [Entrée mise à jour le : 26/03/2012]
1971 à 1977- (  Speed ? heroine --  Direction Amster- DAM)

Je tenterai de developper au moins un voyage.
C pas evident car c trop loin.
Texte à revoir compilation de 3 versions erreurs redondance etc. revue vite fait le 5/04

  DAM ...

J’avais une coccinelle jaune canari. Des fois Phil, Jico et moi partions de nuit acheter du speed et de l’héro-  J’y voyais mal  dans l’obscurité.  J’avais les yeux  rougis et le  regard tendu, sous haute tension  Chaque phare venant de face était une épreuve, un ennemi redoutable. Je redoutais  les lumières  blanches aveuglantes  des voitures belges et hollandaises  En hiver comme  en été, la pluie inondait le pare brise, les essuies glaces trop lents paresseux, ne servaient à rien
Par temps de brouillard je stoppais  vite.  Je passais le relai à Phil ou Jico. On s’arrêtait une ou deux fois.  Les miroirs me renvoyaient deux  yeux fatigués.  Usés.
Le speed brouille le réel. Tu ne crois plus à ton  reflet dans un miroir. La réalité ? Au speed l’imagination, les rêves, les hallucinations  sont la réalité. 
Je suivais la bande blanche prés de la barrière de sécurité de l’autoroute qui se terminait quelque part en Belgique.  Je ne sais plus ou ….  On se retrouvait sur une nationale bien éclairée sur une centaine de kms. Je me souviens de Bruxelles vite contournée (Les restes futuristes d’une exposition universelle). Ensuite on se reconnectait au réseau des autoroutes.  Breda, Utrecht et  Amsterdam.
 Pied au plancher. 100 km/heure maximum la voiture était aussi en bout de course.
On connaissait un dealer, P*,  la qualité de son speed était inégale mais c’était bien mieux qu’à Paris. On se shootait chez lui pour tester et parce qu' on en pouvait plus d'attendre.  . Ca n’a pas duré. P* est  vite tombé dans une spirale parano.
Lors d’un voyage avec une amie,  Djida, j’ai découvert ce super speed «le cristal » ou "Meth" . Ca se présentait sous le forme de vagues cristaux blanc gris et c'était un peu gras. Enveloppé dans un papier spécial? Ce qui est sur c'est que je me suis injecté de l'euphorie a l'état pure. Mon coeur tapait au niveau des tympans. Une euphorie qui perdurait. l'inverse de la coke. Le cristal incrémentait le niveau de plaisir shoot apres shoot. De la folie - C'est dans ce vooyage que j'ai découvert une K7 des années 60-70 d'un groupe qui se nommait "The pretty things".  on l'a écouté en boucle au retour. 
Speed : Jico, un mec  adorable, mais …  il  pouvait  chercher la bagarre dans un café en hollande, alors qu’on avait  de la dope sur nous. Imprévisible. Impulsif.
Le soir on allait trainer près d’une discothèque  «Le Paradisio». Avec le recul je me demande ce qu’on allait faire dans ce coin. Beaucoup trop  de monde, des gens qui dansent dehors et des flics partout. On cherchait peut être un Dealer ? On ne connaissait que P*. On lui passait un coup de fil de Paris pour  prévenir. Des fois P* ne répondait pas. On partait quand même à Dam. On verra sur place.  Ce ne sont pas les dealers   qui manquent. Commence une recherche aléatoire au feeling pour trouver celui  qui « ne- t’arnaque- pas- et- qui- a- de la bonne dope- pas chère ».
On promettait de revenir pour une « grosse quantité ».
- Là on en veut juste que quelques grammes, un échantillon. (30  grammes environ)
On se faisait  passer pour des revendeurs, des professionnels qui passaient de grosses quantités. Jeux dangereux.  C'était déjà un "classique"

Speed :   Vite.  Dans la campagne prés des canaux. Encore un fixe et un autre.

On se fixait dans la bagnole.  C’était pas toujours clean. A Dam,  on achetait des seringues de verre dont on pouvait changer l’aiguille On se fixait a la campagne. Sortir de Dam et prendre n’importe quelle direction. J’utilisais une seringue en plastique pour ces fixes en mode itinérant.
A Dam on changeait de place plusieurs fois. Je me garais à l’extérieur de la ville, le centre était si  encombré.  Je n’étais pas habitué aux tramways implacables ni  aux cyclistes agressifs. On mangeait peu. Des trucs gras dans des distributeurs automatiques. On se forçait. Il le fallait. On ne restait pas longtemps. Une nuit maximum. On se piquait une dernière fois avant le retour sur Paris. Je le sentais. J’étais imbibé, saturé de speed pas le temps de  métaboliser. C’est à cette époque que j’ai testé speed et une bière. Ca calmait un peu l’ouragan qui martyrisait mes neurones.  On prenait des routes de campagne. Des petits postes de douane. Une stratégie dangereuse. Mais on passait. On essayait d’avoir l’air normaux – on se rasait (?) - Cheveux assez courts pas de looks hippie.

Laboratoire de speed

Le speed  dégage la route mais rends cinglé. J'adore le speed – sous toutes ses formes cristal-meth,  perfitine.  Pour les ballades à Amsterdam.

Une seule fois j’ai pénétré dans  les couloirs d’un laboratoire qui fabriquait du cristal.  1973 - des mecs en blouses blanche passaient dans le couloir hyper décontractés. Un type aux cheveux longs dans un catogan  précisant
«It’s gonna take other 5 minutes and you have your stuff ».

Un poste de radio balançait « Have you see your mother baby, standing in the shadow ?” .
J’aime bien ce morceau mais là ça me portait sur les nerfs.
Je savais pas ou était ma pov' maman!
Les fabricants étaient en blouses blanches avec «Amsterdam  University» affiché sur le dos. Sauf que cette fois on est  du coté d’Haarlem à 20 km d’Amsterdam – Haarlem c’est la grande banlieue.  La mort frappait durement les drogués dans les années 70 : OD, Abcès, Suicide etc. Il n'y avait rien! Pas de CSST, pas de réseaux d'entraide entre Ud, pas de SOS Drogue, pas de Methadone  (jusuq'en 1978?) tres peu de toubibs acceptaient d'aider un drogué etc..  .
 DAM J’étais KO-  out et d’un coup je me suis payé une vraie bouffée de terreur. J’étais dans la gueule du loup.  Juste une petite bouffée qui s’est vite calmée.  Ces mecs étaient surement  des étudiants, des squatteurs tendance chimistes.  Ils n’avaient aucun intérêt  à nous emmerder. Le fric je l’avais pas pris avec moi et c’était une petite somme. 
C’est la fois où j’ai fais la route avec une fille handicapée. Fx,une enfant de la thalidomide. Ce médicament prescrit a des femmes enceintes a fait des ravages au début des années 60 : naissance d'enfants atteints de graves malformations (*) Comme Fx.. 
C’était sa voiture et c’est elle qui conduisait engoncée dans un corset médical.
La vie ne lui avait pas fait de cadeaux. Une fille bien et gonflée. Des fois on se moquait un peu d’elle.
J’ai honte quand j’y repense. Pour elle l’héroïne aurait du être légale Elle souffrait de partout.  L'heroine l'aidait a  vivre mieux dans son corps et dans sa tete.
Après injection le flash  illuminait un instant son visage, puis ses traits se détendaient. Ca ressemblait au bonheur.
Elle m'a dit qu'elle regrettait de ne pas avoir connu "ça" plus tot.
Est ce que ca a duré?  Elle en était à ses tous débuts. 
Fx ne pouvait pas s'approvisionner seule. Elle était dépendante d'une aide extérieure. Comme un dealer qui  serait passé la voir mais à l'époque elle en avait pas. Elle a fini par trouver un "ami". Un type qui lui amenait son smack.. Il La taxait au passage mais elle n'était pas dupe. Elle n'avait pas d'autre choix. Mais c'est elle qui avait les tunes. Elle gardait ainsi le contrôle. Fx est vite devenue experte en prix et en qualité d'heroine. ... Elle pouvait passer des coups de fils. Elle n’avait jamais été à DAM.  Un soir elle m’a appelé; On avait des «amis» communs. Et je me suis retrouvé avec elle dans ce voyage à DAM.
Fx, je l'ai perdue de vue en quelques mois. La première crise de manque a du sonner le glas de son passage au paradis.
Je n'ai jamais eu son adresse son num de telephone c'est toujours elle qui m'appelait. Les coups de fils un jour ont cessé. C'est vrai aussi qu'elle me faisait un peu peur. Ses yeux jetaient des éclairs.  Elle pouvait être exécrable et adorable  en l’espace que quelques minutes. Et j’avais peur de son handicap comme si c’était contagieux. Je savais pas comment elle arrivait à  conduire. 

C'était Fx - Elle m’attendait quatre étages plus bas.
Jamais je ne l’aurais arnaquée !!!
.

Au retour en pleine nuit on a été contrôlé par les douaniers.


Quand tu passes une frontière avec des drogues dures,  éviter les routes secondaires  à 2 heures du matin. Surtout complètement défoncé.  Mon dernier fixe de speed je l’avais fais près de Haarlem. J’aurais du attendre un qu’on soit en France. Ce dernier fixe compulsif tournait encore et agitait mes neurones.  Une imprudence  immédiatement sanctionnée.
- Contrôle - papiers du véhicule svp.
J’ai eu juste le temps de  faire semblant d’être normal.  Les flics de la douane ont hésité une bonne demi-heure  Je les voyais déjà démonter la voiture. Ils n’auraient rien trouvé mais comment on aurait fait pour tout remonter ?
On n’avait pas ramené grand-chose faute de fric. Pas mal de cristal parce que ça ne coûtait pas cher. (50 grammes ? ).    Moins de 10 grammes d’Héroïne dont deux pour moi. Et  on avait tout glissé dans le « corset »  de Fx.   Dans ce voyage j’étais parti avec elle et un type que je ne connaissais pas vraiment. Fond musical,  une K7 des Yardbirds  qu’on écoutait en boucle le son trop fort.
Si vous souhaitez passer des drogues dures en équipe vous avez intérêt à connaître tout le monde. Ne pas embarquer un amateur. Ne prendre personne en stop, comme je le faisais parfois. Les douaniers  n’ont pas osé toucher à notre copine handicapée. Ils ont juste pris nos papiers et passés des coups de fils à  Paris. Aucun de nous n’avait de casier. On est finalement repartis sous les yeux chargés de soupçons  des douaniers.
Une fois en France on  jubilait. On a tous éclaté de rire nerveusement. On s’est arrêté près de  Lille pour prendre un pot. Double Cognac et frites mayonnaise pour tout le monde. Je ne pensais pas à la prison mon attention était focalisée sur la dope. Nous étions une petite bande de junkies perdus –Lost-  au cœur des ténèbres De retour de DAM avec de la dope ces tenebres laissaient passer de la lumière. A cette époque j'imagnais meme pas comment vivre sans speed ou sans heroine.Qui sait? la dope m'a peut être sauvé la vie? avant d'en prendre j'etais très mal barré.. 

(*) Sur la thalidomide
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thalidomide


Paris 1975 : Seringues en verre ou en plastique

Un médecin m’a convaincu d’utiliser de préférence des seringues en plastique stériles et jetables.  Prévues pour une seule injection.  Elles ont remplacé les seringues en verre sauf que je les utilisais plusieurs fois de suite et des fois on se mélangeait carrément et  délibérément. Je me shootais avec la seringue de Phil ou avec celle de Jico,  lorsque la mienne était bouchée.
Je me contentais de bien nettoyer la seringue avec de l’eau ou du vinaigre.  Après tout on était frères de sang ou pas ?
C’était AVANT le VIH. Je passais  l’aiguille sur une la flamme d’une bougie, d’un briquet ou  d’une cuisinière à gaz…. et juste après j’essuyais l’aiguille sur mon jean. Un tic, un geste machinal.
Un défi ?  Non  un sale tic, une habitude  dangereuse. On avait entendu parler de « Virus inconnus ».  Trop abstrait pour nous trois.
Le Sida n’existe pas dans les années 70.

 
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