Drogue

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14/03/2012 09:04

fragmentations

Tags : drogue, meurtre, suicide
[Entrée mise à jour le : 13/11/2012] [Entrée mise à jour le : 02/04/2012] [Entrée mise à jour le : 02/04/2012] [Entrée mise à jour le : 28/03/2012] [Entrée mise à jour le : 14/03/2012à 9H05] fff g4001
Ecrits à  fragmentations (2006 ou 2007)


 L’ héroïne


(Avant : Pourquoi ?)

J’avais peur des fantômes  et aussi des filles et de la lumière du jour. J’avais peur des horloges et des calendriers. Je voulais pas savoir en quelle année on était. Surtout j’avais peur du temps qui lamine.  Peur du vent mauvais. Glacé IL cinglait les oreilles Des volets qui claquent dans la nuit.
Et aussi  j’avais le cœur froid.
En stand-by.
Je crevais d'ennui à petit feu quand j'ai rencontré « la drogue ». Coup de foudre immédiat. Dans le roman «Junky», WB explique que la drogue est un «mode vie»…  que l’on choisit souvent par défaut. Par manque d’autres « motivations fortes. On se réveille un matin. On est malade.
Ce n’est pas aussi simple. IL  faut aussi «au moins» une « occasion ». Une «rencontre du troisième type». Pour moi ce fut la rencontre de Phil et Jico. Philippe fumait du shit mais surtout prenait de l’opium. Il m’a montré une seringue en verre .IL parlait de la sensation de l’OP et ça m’a donné envie meme si  j’avais un peu peur de me piquer.
… Envie ? J’étais carrément fasciné ! J’ai sentis que j’allais enfin m’évader de ma cage «étudiant- informatique-famille». Desserrer une fois pour toutes les tenailles de l’Ennui.
Ouf ! Bye bye bye.
……

(Plus tard années 70-80 : comment ), 

…Dans la bulle d’héroïne,  Je contrôle mes terreurs. L’héro glisse sur tout mon corps avec sensualité et
délicatesse.
Mon estomac se porte mieux. Mon cerveau est en paix.  Je voudrais capturer  cette sensation pour l’éternité.
La serrer dans mon poing ne  jamais la laisser repartir. L’héroïne cajole  chaque cellule de mon corps.
Son pouvoir est apparemment sans limite.

(Plus tard).

En manque un soir d’ été,


…Je pique la R16 de mon père et je conduis  trop vite - comme un zombie.  Je  grille des stops je passe au rouge – J’ai quelques adresses griffonnées sur la page de garde d’un pocket «Saint Antonio» ; Des numéros de téléphones. Des noms codés. Une façon comme une autre de découvrir Paris et sa  banlieue. Je bois des pressions dans un café ouvert la nuit porte de la Villette. Ensuite : Paris Belleville et Métro Saint Fargeaux. Porte de Clichy à trois heures du matin. Des bagarres à coups de bouteilles. Des insultes- des hurlements. Plus loin j’aperçois des ambulances et un camion gris des CRS. De la musique disco très forte s’échappe d’une boite de nuit ou d’une fenêtre grande ouverte.   A la lueur de gyrophares j’aperçois un type  près du métro aérien. Il me fait signe d’arrêter. Me  crache une insulte.  Je ralentis puis je mets plein phare  et je fonce.
Ce mec là ne vend pas de drogue.

(…. Plus tard)


Une chasse sans répit dans le désordre de la nuit



Des nuits entières a rouler. Je découvre les grandes cités,  les barres à Sevran à Livry Gargan à Bondy ou carrément du coté d’Orly, de Velizy ou de Parly 2.  Des fois je ramène un gramme. Je suis   surexcité fébrile.  Dans la nuit étoilée je suis en  route vers la voie lactée.
Le manque diminue à  la seule idée que j’ai du smack -  que je vais bientôt pouvoir m’injecter. Me fixer me shooter. Me piquer. Effacer le manque. Le tuer.  Le faire reculer pour une nuit. Au retour je conduis avec prudence.  Pas question de me faire arreter par des flics ou de flinguer la R16. Pas avec un gramme. Je glisse «In the Sunshine of your Love » des Cream dans le lecteur de K7 et d’un coup toute la poésie de la blanche  défile en lumières crues artificielles:  Poudre/ petite cuillère/ eau/ briquet/ garrot/ seringue/. Coton/Aiguille/ tirette -  y a du sang. Je suis dans la veine. J’arrête de respirer pendant le shoot. L’apnée juste avant d’appuyer.  - Relâcher  le garrot et direct  injection
Je ne connais pas de plus belle sensation. Je fais défiler les images trop vite. Je ralentis et le manque se resserre. Il devient oppressant et  me fait grincer des dents.   J’éjecte la K7. Je coupe la radio. Ce soir là Je suis du coté ouest de la banlieue – compter encore une bonne heure de bagnole. Il est tard minuit passé mais je n’ai rien d’une Cendrillon. Le manque m’a épuisé.  Je dois redoubler d’attention pour éviter un crash. 
. Dormir. Impossible. En manque tu passes que des nuits blanches.  J’ai les yeux qui pleurent des vaisseaux qui éclatent.
La drogue n’a rien de romantique.
L’héroïne est une chasse sans répit dans le désordre de la nuit
Et le lendemain, à midi je n’ai plus rien. Le gramme a fondu dans la nuit.

A Rosny 2 Je retire 500 francs avec  ma carte bleue.  A peine un demi gramme, si j’en trouve  …Je sors d’une hépatite B, C j’ai le teint cireux et jaune à  crever.
Je pose des questions précises à un cousin médecin. Il me sermonne. Me dit qu’à ce rythme je ne finirai pas l’année. J’en suis à ma seconde ODose.  Il me fout la trouille mais suis trop défoncé ou trop en manque pour dérouler un fil logique. Ma vie est aspirée par le besoin de poudre.  Les crampes sont toujours là. C’est la première fois de ma vie que je pisse du sang. Je mets ça sur le compte du manque. En fait c’est un problème de reins.
Un problème sérieux qui me rattrapera vers 1978.

 (Plus tard en hiver ) 
 
Je suis à Montfermeil. Je suis en  quatrième et je passe en seconde brutalement.  Je roule sur du verglas. Pas le temps de contre braquer.  La voiture dérape  et percute  un abribus dans un fracas de tôles et de verre brisé. Terminus le couloir noir des urgences.
Je me réveille en manque dans une chambre d’ hôpital.  Je me rappelle pas avoir vu de médecin. J’ai vu une infirmière «et bah vous êtes dans un de ces états ». Je lui demande de la morphine ou du palfium. Je lui indique que je suis en manque d’une drogue dont le nom est «Héroïne».
Elle me fixe choquée – incrédule et murmure un truc saqué sur les drogués,  comme quoi c’est ma faute etc. 
A l’époque ils te filent rien pour apaiser les crises. Je suis dans une chambre de 6 ou 8 lits. Je demande à sortir en début d’AM. Contre avis médical.
Je rentre en taxi alors que j’ai même plus de tunes pour l’héro.  Se tirer d’ici. Vite.  Je  je ne suis aucune logique. C’est le smack qui me guide et dehors il fait hyper froid.

(…Plus tard)

 Up and down baby

Quartier des bosquets je dégotte un peu de Brown. Décrocher devient vital .Du speed j’en ai un peu mais en manque ca ne me soulage pas. J’ai des crampes à hurler et des diarrhées. Je me vide de partout. Ras le bol !
Mais fixé à l’héro je pense tout le contraire.
Pourquoi s’infliger une telle succession de up and down ? Ca n’a  aucun sens.

(Plus tard)

Une petite église dans la nuit  

Suis paumé dans la nuit en  terres inconnues. « Pitié aide moi » je murmure tout bas.
Je deviens dingo ? Le manque ce putain de manque. Le manque et le speed. J’allume un cierge et encore un autre.
Je m’agenouille devant le  portrait d’une  madone.
Je sens comme un fort  parfum d’encens. Je récite une prière. Je suis un misérable brisé perclus de douleurs de partout. Dans cette petite chapelle tout le monde me dévisage comme si je suis mort ou échappé d’un asile psychiatrique ou en cavale comme Pierrot le fou.
Je ne suis pas lavé depuis au moins une  semaine. J’ai les cheveux mi longs tout emmêlés.
Je me laverai des que je ne serai plus en manque. Des que je trouve un peu d’héro.


( … Plus tard)

Deux comprimés sur un billet de 100

Je me vois tomber au ralenti entouré de plaquettes de dope. J’arrive pas à en attraper.
Et juste comme j’y arrive … Je me réveille d’un coup sec –  une détonation – Je me réveille  en vrac je baigne dans l’odeur acide du manque …
Pitié ! Un dernier shoot.
En bas la TV hurle – je reconnais Jaques Martin la musique sirupeuse d’un générique.
J’ai envie de descendre et de tout casser.
Sur une table de nuit ma mère a laissé en évidence deux  comprimés de Seresta 50 mg, posés sur un billet de 100 francs. Oui je pourrais dire que je n’ai pas à me plaindre. Je ne ressens pas les choses comme ça.
La Tv est coupée j’entends ma mère pleurer ….Elle se fait des soucis ….son fils est un camé.
Ma maman elle avait bien mesuré l’ampleur des dégâts.
Elle s’est documentée et cherche à comprendre. Dans sa bibliothèque des livres d’Ollivenstein, de Ben Soussan et même du patriarche et «Flash» (qu’elle m’a emprunté). Il m’arrive de discuter avec elle.
- Pourquoi tu te drogues ?  tu sais que tu risques ta vie. Et que tu me fais mal. .
Ma mère a toujours eu un terrain dépressif. Je m’excuse de lui faire du mal j’essaye de la rassurer.
Je parle de décrocher. J’essaye de rester superficiel de banaliser la prise de drogue en injection.
J’essaye de lui dire que la drogue c’est pas plus terrible que prendre des calmants ou être alcoolique. C’est moins « grave » que  se casser le col du fémur ou avoir une de ces maladies neurologiques.
Ca finit toujours en crises de larmes, Elle m’embrasse me serre dans ses bras. Je lui promets que je vais arrêter. Ca me tue de la voir dans cet état.

Fragments


– Lumière, ténèbres, obscurité - noir -  froid –  secret – crypte - internet - Flash spécial – Mossad - Blanc – Noir - photos de femmes mutilées – Police - Drogue – Défonce –  Chantage – Chômage  –  Publicité pour Nivea – DxSE. Ou est passé le Rainbow Warrior.  Outreau – Myriam Badaoui grande prêtresse satanique,  danse  – En prison,  sous la  lune - Audition du juge à  minuit -   Avis de déces-  DCD.- Lettres de rupture- Je commence a m’y habituer. La drogue, la poudre énerve fait peur aux filles bien élevées.    Vieille femme défigurée qui sent la pisse et l’alcool et trimballe ses affaires dans un caddy de supermarché.
Ca ne choque personne.

Cette vieille femme ne fait plus partie de l’appareil de production.  Juste une  instanciation de l’enfer dans la vie de tous les jours.

@LD-X


 …  Tu  détestais ta maison. Que tu laissais tout en plan. Pas de meubles. Rien. Pas de livres pas de vêtements. Pas de chauffage.
Je n’ai jamais compris cet abandon Toi qui était si ambitieuse si avide de vivre.
Qu’est- ce qui cloche ?
Bon j’en sais rien.
Alors  je vais tuer quelqu’un. 


The Murder mystery

Il y a 5 à 6 litres de sang dans un corps humain. Je vais au boulot et je suis fou et armé. Je frissonne dans le hall climatisé. Je sors mon flingue. J’ajuste le réducteur de son. Avec sa crosse en plastique on dirait un jouet pour mômes …. Sauf que c’est pas du tout le cas. 
Je tire sur la fille à l’accueil, son sourire ne me revient pas. Un petit trou rouge à la place du cœur. Un autre dans la gorge. Une troisième balle en trace directe dans l’œil gauche. Ca fait des petites taches anodines. Puis le sang s’écoule. Beaucoup de sang. Une mer de sang qui s’étale et grandit sous mes pieds. C’est dégueulasse, obscène. Je m’étouffe. Des gens se plaquent  au sol en désordre. J’entends des cris. Des alarmes anti fumée se déclenchent  ajoutent à la confusion.  Un lustre s’effondre dans un bruit de tonnerre.  Je m’enfonce dans le chaos. J’ai du blesser quelqu’un. Des femmes hurlent. Des hommes se protègent les parties génitales. Des fantômes sortent de partout. Je ne bouge pas je n’essaye pas de fuire.  La sécurité arrive. Un type en  blaser bleu et chemise blanche impeccable avec un badge et un  numéro de série : SN0408113C2. Je note machinalement  qu’il a des pellicules.
« C’est une espionne, une terroriste » je lui dis,  et j’ajoute que je suis aussi de la sécurité et je lui  montre mon badge avec écrit « DGLSD »
SN0408113C2  ne me croit pas.
Alors je fais des trous rouges au mec de la sécurité.
Et la seulement je sors du cauchemar.
Mon réveil est connecté sur le web. Il indique 5H21 du matin. Je suis solidement attaché au lit,  Je regarde le barreaux aux fenêtres. Je suis sur la fin du voyage..
Les gens pensent que je suis toujours dans mon cauchemar.
Ils ont leur coupable « idéal »  membre du DGLSD (Direction Générale des Loups Sadiques et Drogués). Des caméras m’ont filmé. Des enregistreurs m’ont enregistré et des capteurs m’ont capté.
Je suis coupable de meurtres avec préméditation.
J’ai un avocat commis d’office.
IL ne croit pas une seconde que je suis dans un rêve. Pourtant Il me dit que je rêve et que c’est lui le monde réel. Il pense que je simule que je me gave de mensonges. L’avocat m’indique aussi que j’ai été jugé à 8 clos. Je n’ai  aucun souvenir du jugement. Ils me filent des médicaments qui cassent net ce qui reste de moi.
Ils m’ont volé mon rêve connecté sur le web à 5 heures 21.
Je suis un tueur froid comme l’hiver –  Ils m’ont coupe les cheveux et ils m’ont rasé et lavé de prés. Je suis dans le quartier du couloir de la mort. Un jour dans la quiétude de l’aube ils vont me proposer de boire un cognac et de fumer une cigarette. Ensuite ? C’est très simple :  Le bourreau va me trancher la tête.
Mais ce n’est pas le plus gênant.
Il parait que les exécutions capitales sont retransmises à la TV et sur Internet.
C’est idiot. Tout le monde dort à quatre heures du matin. Quand même j’aurais bien aimé le voir ce snuff movie.
Le soir il m’arrive de regarder la TV.  Ce soir y passent  « le silence des agneaux » en Vost, histoire qu’on révise bien notre anglais.
OK  Hannibal ou Buffalo bill c’est des dingos. Mais pas moi. Trop sensible, je n’écoute  que du Mozart.  
Je pratique la dissociation avec flegme - comme d’autres font du Yoga.  Sans haine et  sans crainte. En conséquence j’ai des migraines à hurler.
C’est fait pour ça,  les cellules capitonnées.
Voir aussi :

03/04/2012 10:09
Le flipper (extra ball)
28/03/2012 18:29
Les Années 90 VERTIGO
24/12/2013 17:48
Journal de Sarah Blomstein
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