Heroine

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22/04/2012 14:29

Années 80-90: down by the sea

Tags : prison, vih, heroine, amitié, avocat
[Entrée mise à jour le : 13/11/2012] [Entrée mise à jour le : 13/11/2012] [Entrée mise à jour le : 22/04/2012] C’est un autre «cliché» – C’est une nouvelle coupe IRM. Rêver – Gonflez la poitrine - ne respirez plus- vous pouvez rêver En vrac : Reves – Les portes et fenetres – Phil et la Prison- Retour a Paris- Betty a la VIH- Josy se tire avec un bouddhiste, se shooter avec point de vue sur la mer etc.
  Années 80-90  –  Down by the sea

En vrac : Rêves – Les portes et  fenêtres – Phil et la  Prison- Retour a Paris-  Betty a la VIH-  Josy se tire avec un bouddhiste, se shooter avec point de vue sur la mer etc.
   
C’est un autre «cliché» – C’est une nouvelle coupe IRM.  
Rêver – Gonflez la poitrine - ne respirez plus- vous pouvez rêver normalement.  
ClaudeB.     

  Les portes

  1982 1989 Une période  "calme" – 1982 J'attrape un boulot a Aix en Provence –  Je le perds vite.
  1983 Un été près de Sénanque
  1984  Derniers fixes avec vue sur la méditerranée,  du coté de la Joliette à Marseille.  Je me fixe dans un bureau vide bvd de Dunkerque, au  xieme étage. Je regarde sans le voir le soleil.  Les rayons de brisent en  petites lignes rouges –   Y en a trop. La mer les avale.
  1986 C’est la remontée vers le nord, Paris dans le 93
Facile de dire que je sais déjà ce qui m'attend.
D’abord Je vois des portes. Une, deux, trois puis dix, des dizaines, des centaines. Les portes qui s’ouvrent sur des portes qui s’ouvrent  sur des escaliers obliques dessinés par Salvador Dali.
Comme dans ces fêtes foraines ou j'allais "jouer" aux reflets de miroirs déformant ?
Comme dans ces labyrinthes ou mes parents me forçaient à entrer ? Je ne trouvais jamais la sortie. Les trains fantômes,  j’en  ressortais en hurlant.
Je me souviens. Je devais avoir 10-12 ans, j’ai tiré sur ma mère avec un pistolet à amorce – J’ai surgit comme un diable et je lui ai foutu une sacrée  trouille. Tac – tac – tac - t’es morte. Elle pleurait.  Puis elle m’a traité de voyou et a parlé de maison de correction(s).
Alors  – comme j’avais du le voir dans un film- je me suis «suicidé» le canon dirigé contre ma tempe. Et paf une amorce de moins.
La nuit a jeté son voile noir.
La mer s’est retirée.
Down by the sea   


Les fenêtres

Derrière le rideau,  des fenêtres allumées.  Dans chaque carré lumineux,  un décor différent.
Des fenêtres ou tu peux voir la TV &  Ou un visage d'enfant &  Ou une  madone ,  une divinité indienne  vêtue d'or et de sang. Tu tombes a genoux devant ses yeux bleu cobalt&  De très loin tu entends des tambours africains.  Tu respires le parfum des Caraibes.   Tu assistes à une cérémonie.  Le rythme des percussions  se mêle a des chants qui  résonnent  avec les battements du cœur -    .../ … Un homme se déhanche. Il  brandit  une machette. IL tranche net une tête de chèvre.  Ensuite ils ont découpé la tête pour se la partager en petits morceaux – J'ai vu de gros yeux blancs.  Ensuite j’ai convulsé. ILs m’ont dit que je répondais bien au traitement .
Et tu sais ...Les fenêtres allumées sont fixées sur un mur. Derrière le mur il n'y a rien.
Pas  d'habitants. Pas d'immeuble. RIEN.
Un décor factice, juste une illusion.  Juste des fenêtres jaunes électriques suspendues dans le vide.   
Je me suis réveillé à Paris- Gare de Lyon

  Paris  1986

Quel échec -  Israël en 1978 et me retrouver à Paris en moins de dix ans.   
Vite faut  que je me tire d'ici.   Sauf que je vois pas comment.  J’ai un nouveau boulot- Y me faut du fric pour survivre. Je me donne deux ans pour me tirer; Je passe des pays en revue comme s’il suffisait de juste choisir une destination.
Et je ferai quoi la bas ? L’histoire ne se répète pas. Putain Je sens que je vais pas y arriver.                             
   1989 J'explore une nouvelle direction.  Cette excursion  me fait gouter a toutes sortes d'opiacés en vente en pharmacie : Neo codion,  Netux, Elixir P., Lamaline etc ....  Le frontière drogues/ médicaments légaux est de plus en plus "floue".
 (Palf. Et ordinator)
  Accessoirement je me bourre de tranquillisants.  
Ah ce n’est plus l’excitation des années 70 de quand je me shootais  entre 20 et 30 ans.
Snif.
«Dont look back» je me dis  sachant que c’est impossible.  Les années 60-70 risquent de me bouffer à vie.
  1991(92) Clinique de Villebouzin pour la Codéine et le Palf.
  En 1991 Je n'ai pas repris  de l'héroïne, ni une seringue  depuis 1984. 7 ans déjà -
  1994 Je suis détecté seropo au VHC
  1994 Je découvre le groupe "Pavement" encore un de "ces enfants du Velvet" (selon la presse)
  1994 Phil sort d’une prison  en Suisse ou au Luxembourg.
  1994 Je retouche à l’héroïne.  Je me fixe comme si c’était la première fois. Je m’écroule sur un divan du coté de la porte de Saint Cloud. Dix ans. Comment j’ai fais pour m’en passer tout ce temps ?
Phil me prévient : «Je ne retourne plus en taule. Terminé. Fais attention à toi Claude stp laisse tomber.  Penses à  ta fille. Moi j’ai rien  d’autre ». Toutes ces années gachées – sa vie qui défile derrière des barreaux, parfois électroniques.  
Du smack j'en ai de temps en temps - Pas plus d'une fois/ mois. Des fois tous les 2-3 mois.
C’est de  l'heroine blanche qui vient du Liban. Pas mauvaise du tout.
Bien sur je m’accroche. La première fois que j’en ai pris il m’a fallut  un mois pour être accroché. Ensuite quelques shoots, un gramme suffisent. J’ai perdu ma  virginité  aux opiacés.  La nouveauté est que je suis sous Metha ou sous Moscontin.
J'ai un produit capable de stopper le manque physique.  (Le poison et le contre poison ?).
J’ai plus peur du manque.
 Et Phil replonge. Cette fois c’est grave. Il a une bonne quinzaine de «clients».  
Josy, sa copine,  m’apprend  qu’il s’est lancé dans la vente en gros «pour de bon».
Phil : « ca m’a fait peur. Pour la première fois côtoyer des mecs du milieu – des gangsters armés – des mecs en costard,  des vrais fous… ».  
Je prends contact avec sa mère, avec sa sœur Betty qui vient d’être détectée séropo au VIH. Elle est en larmes au téléphone - Me dit qu’elle ne garde pas la nourriture.  Je passe la voir. Je ne l’ai pas vue depuis 20 ans. Elle habite un Appt entre Gambetta et Belleville.  C’est un immeuble vétuste – Rien n’a été refait. Les sanitaires sont pourris. Je ne reconnais pas Betty. Elle a  maigris son visage est creusé.  Elle n’a que 35 ans – merde.  Ou est passée la jeune fille de 16 ans ?
Je n’ose pas poser de questions sur le VIH.  C’est elle qui me dit laconique.  Definitive.
- Je me suis choppée cette saloperie -  C’est terminé Claude.  
Qu’est que je peux dire ? « Ca va aller ».  Je la serre fort dans mes bras- C’est la sœur de mon seul ami.
Je lui demande ou elle en est niveau drogues si le peux l’aider.
 On discute de «pourquoi» l’heroine. Elle ne sait pas :  «J’ai essayé ça m’a plu».  Je lui dis que je connais des toubibs pour de la méthadone. Elle veut en prendre et «arreter toute cette merde». Quand elle m’a dit ca  j’ai été septique. J’ai botté en touche. Je sais plus comment je m’en suis sorti. Le VIH j’y connais rien j’évite le sujet sauf que c’est pas possible. Tu vas y arriver si t’es motivées. Sa motivation c’est d’être séropo à 35 ans.  Je lui demande comment elle l’a attrapé. C’est la question qui fait mal et qui n’apporte rien.  Je m’excuse.    Elle est amère et il y a de quoi. Après on discute de son frérot.  Là on est sur un terrain moins sensible. Je lui promets de l’aider sans préciser.  J’insiste «Il faut qu’elle s’occupe d’elle en priorité ». Je lui affirme   que pour Phil  « ca va aller » alors que j’y crois pas du tout.  Déjà qu’elle ne s’angoisse pas là-dessus.  Le copain de Betty  est un toxicomane completement largué,  dépassé par les évènements. Ils ont un fait l’amour sans préservatif et mélangé leur seringues dans les années 80-90.  Tous les deux ont le VIH. Les trois premiers mois,  Betty  a des idées de mort,  enchaine  TS sur TS. Je lui téléphone chaque jour, depuis le boulot. Betty se ressaisit :  «Je n’ai jamais autant eu envie de vivre », me confit- elle un jour en rayon de soleil.  Elle change d’Appt.  Elle est sous TSO de subutex. Se trouve un HLM « décent »,   moderne dans un coin paisible de Banlieue.  Et le principal,  elle se fait soigner.  
Elle est encore en vie aujourd’hui en 2012. Elle est chauffeur de taxi. Un boulot qui n’a rien de reposant.  
Son copain est décédé peu après le déménagement.  
Je  trouve un avocat.  
J’avance  des tunes. Pour l’avocat et le loyer du mois.  Je ne suis pas le seul à aider. On constitue vite une petite chaine de «solidarité». La mère de Josy a du fric. On tape deux ou trois personnes que mon copain  «tournait».  C’est pas évident.
Y en a qui ont la mémoire courte !
- Phil  ? Tu sais je le connais a peine. Mais je peux te filer 50 francs.
J’ai envie de hurler.   
Heureusement un dealer qui le connait très bien  se montre généreux.  
Ca coute cher un bon avocat.  
Phil attend un peu près un an en préventive. Le procès est court.  Phil plaide coupable et  se  choppe  trois ans fermes.  Multirécidiviste, traffic d’heroine,    «Réseaux internationaux».   Ca aurait pu être 5 ans ou plus.  Et Il a été libéré au bout d’un an pour « bonne conduite ». Ca fait deux en comptant la préventive. A sa sortie  je l’ai  poussé à bosser.  L’hôpital qui se moque de la charité ? J’ai jamais compris ce proverbe. Disons je suis pas le mieux placé pour lui conseiller de se ranger.
  IL a 47 ans. il n'a connu que la dope le deal  et la prison.  A passé sa vie en taule. C’est un type cultivé extraverti qui parle couramment l’espagnol et l’anglais.  Il s’est porté volontaire pour bosser à la bibliothèque de la prison. Sortir de sa cellule. Ranger, porter les bouquins aux autres détenus et Lire Lire Lire. C’est fou tout ce qu’il a pu lire. Il est incollable sur l’Asie du Sud Est.
 Un jour Josy  est partie  avec Bouddha et un gourou- . Elle a rejoint "une communauté" peu après 1996 – Josy a enfin trouvé sa voie. Au Népal? Non elle zone quelque part dans la creuse ou près de Montluçon. Bien entendu elle ne prend plus de dope.  
Filou  se bouge. Une fois de plus il m’étonne.  Il finit par  trouver un  stage dans l’hotellerie.
Et Il stoppe le deal d’héro ce qui implique qu’il arrête d’en prendre et  de m’en trouver quand j’ai des envies compulsives.  
Je trouve d’autres relais mais très vite  les relais se grillent un à un.  
......

Tous les prenoms sont bidons. Les dates approximatives
Tout est vrai. Les années 80-90 je prenais pas mal de notes. Dans des chambres d’hotel aux USA, en Norvège, en Finlande,  en Suede,  au Danemark, En Allemagne de l’ouest,    au Japon.  Dans d’autres pays en Europe.
Je commencais a compiler. Clodb

Voir aussi :

18/11/2012 18:29
Morts sur le Rail
25/12/2012 13:12
OD - L’overdose : Paris (1980)
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