Massacre

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18/11/2012 18:29

Morts sur le Rail

Tags : Shoah, massacre, juifs d'europe, heroine, serge g, heroine, clodb
[Entrée mise à jour le : 31/03/2013] [Entrée mise à jour le : 07/03/2013] [Entrée mise à jour le : 07/03/2013] [Entrée mise à jour le : 14/12/2012] [Entrée mise à jour le : 24/11/2012] [Entrée mise à jour le : 24/11/2012] [Entrée mise à jour le : 24/11/2012] [Entrée mise à jour le : 19/11/2012] [Entrée mise à jour le : 19/11/2012] [Entrée mise à jour le : 19/11/2012] [Entrée mise à jour le : 19/11/2012] [Entrée mise à jour le : 18/11/2012] [Entrée mise à jour le : 18/11/2012] Sur le destin des juifs d'Europe, enfants , hommes et femmes, riches ou pauvres, - "SHOAH" et pas holocauste Et aussi les Tziganes, les homos, francs maçons, des communistes, soldats français à la peau noire et des soldats de l'armée rouge etc. systématiquement massacrés par les nazis entre 1942 et 1945. modif mineure le 14 decembre 2012- Précisions mars 2013.
Morts sur les Rails.

Art Amour Emotion-   Picasso trahison  La peinture est dans la rue .     
Lotus bleu, Ile noire,  Les fleurs empoisonnées du Tokyo Express croisent sans les voir celles de Coke en stock illimité.

1944
SERGE G.


Mon second prénom est « Serge », comme celui d’un cousin  déporté à 4 ans en 1944.
Il n'est jamais revenu - même pas en pièces détachées. En puzzle cartonné comme j'en avais des fois pour Noel.   Ses photos encadrées trônaient  dans toutes les pièces de la maison de  chez mes parents. Je les ai toujours vues.  A 13 14 15 ans. IL y en avait une dans ma chambre. Excédé,  je l’ai arrachée. Un gosse en barboteuse ! J’ai du la remplacer par un poster des Doors. Elles attisaient  ma colère ces photos. Coupable de n'avoir pu te sauver. Mon petit Serge en  carton.
Comment j’aurais pu ? J’étais même pas né ?
Le  nom ?
- Serge Grosbard   – Je ne me suis pas renseigné sur le numéro de convoi affrété par la SNCF. Le nombre de morts aurait pu me toucher.   Mais  6 millions.  Six  zéros de suite. 6 000 000. Ca n’a aucun sens. Ce n’est qu’une  suite de zéros précédée par un six.
Un 9 à l’envers.
Les chiffres sont des tueurs …les lettres ABC se laissent plus facilement consoler.
Le vrai choc émotionnel, les crises de larmes, les dépressions  sont  venus sur le  tard.  Le déclic s’est fait  pendant   la vision du film « Shoah », fin des années 80 à Paris.   
« Shoah » un film de 6 heures (ou plus) sans aucun document d’époque :
- Pas de photos de femmes nues  le crane rasée,  30 minutes avant la chambre a gaz.
- Pas de gosses en guenille dansant devant un groupe de SS, dans le ghetto de Varsovie.
Rien de tout ça.
Juste des interviews menés en Pologne,  en Allemagne, aux USA, en Israël, en Suisse, En Autriche, etc..... En fait le projet fou, les interviews ont commencé au début des années 70. Dix ans de boulot au moins. A la recherche des derniers survivants….Une course folle qui semblait déjà perdue d’avance.

« Shoah » - Je l’ai vu à la TV.

 
Sur l’écran des paysages de campagnes polonais lituaniens  etc.-,  filmés en plein été et en couleur.  Beaux comme dans un tableau de Jean Renoir.  Déjeuner sur l’herbe.  Calme et bruits oiseaux qui s’éparpillent.  
Sur l’écran des vieux trains à vapeur roulent virtuellement vers Auschwitz -Treblinka- Sobibor- Belzen belzen- Dachau,  etc.  Des trains qui déposent  leur « chargement » et repartent  vides - Nettoyés avec précautions.  
Alors je repense aux six zéros  – je  commence  à calculer combien il fallait en tuer a chaque convoi.  
Combien en pourcentage ? Tous – tout le convoi.   
– En fait non pas tous.  
> 99%.,  Une poignée d’hommes très jeunes,  solides,  parlant le Yiddish ou l'Allemand.  Les nazis les gardaient pour les Sonder Kommando : Préparer et s’occuper des morts venant  parfois de leurs pays de leurs villes, de leur village etc. Faire bruler les cadavres pour qu’il ne reste aucune trace. Les nazis voulaient tout récupérer Le juif devait tout donner même mort.Les dents en or et tout objet précieux, voler des pièces d’argent, des billets de 100  dollars,  les diamants, les montres etc.

Les juifs d’Europe devaient disparaitre a jamais sans laisser de trace.


Des juifs  recyclables en savon en métal précieux, en munition pour les nazis,  etc.
Presque un massacre écologique. Clean.  Sauf qu’à la fin 1944 1945, il y a beaucoup trop de juifs Pas de temps pour les « traiter » de façon « approprié ». Les convois sont  trop nombreux. C’est le cas des juifs de Hongrie. Les cadavres entassés comme dans une décharge à ordure haute de 15 mètres. Une compression,  presque de l’art moderne. 
Shoah  est un cas « unique » depuis le début de l histoire du monde.  
> 99.% ?   Il y avait aussi quelques  jeunes filles  coupables d’être  juives et un peu trop belles,  Une poignée  destinée aux bordels  des  SS. Ces filles ? Le film Shoah ne donne pas de  réponse. Toutes mortes ? Pas  de témoins ?  Fantasme pervers ?  
Mais 99 % ca faisait combien ? 1000 ?- Plus ?

Morts sur le rail
 
Et il y avait  ceux qui mourraient en cours de rail.  Les gens étaient jetés pèle mele les uns sur les autres. Les plus vieux les plus jeunes Les femmes  les bébés … Le voyage durait souvent une semaine. Tassés entassés. Comment faire ses besoins ?  Toutes les réponses sont dans « Shoah ». On mourait étouffé,  asphyxié ou d’épuisement ou de crises cardiaques,  On se battait pour un  peu d’eau,  un vieux morceau de pain. De rares passagers avaient anticipé : Ils avalaient une capsule de poison.   D’autres encore plus rares ont réussis à s échapper pendant le voyage …   Parmi ceux là quelques uns (très très peu) s’en sont sorti « vivants ».   
Ils ont pu porter témoignage. … sur les conditions de transports.

Les SK’s – Commandos de la mort…;


Les nazis souhaitaient ne  laisser aucune  trace de l’opération « Nuit et brouillard » décidée à Nuremberg par Hitler  dès 1942.  Hitler avait insisté. Pas de budget pour la Shoah. Les juifs devront  « payer »  le prix du transport, le prix de la chambre a gaz.  Les Sonders Kommandos (SK)  étaient assassinés périodiquement et mourraient de  dégout,  d’épuisement, du typhus,  en très peu de temps.  Ces jeunes de 16 ans chargés d’aider à  tuer leur propre peuple,  - Certains - beaucoup se pendaient au bout de quelques jours.
Pourtant  parmi eux aussi,  quelques « rescapés ».

Une goutte d’eau  ?

Premier sang a Treblinka…

Des gouttes d’eau qui ont permis de savoir dans les moindres détails  comment c’était la mort  dans un camp comme Treblinka.  Un camp d’extermination pas un camp de « concentration ». Personne  ne travaillait la bas. Le seul travail : Mourir . C’était le seul et unique  objectif de Treblinka.  Et les bébés ?  Je faisais une fixation sur les bébés.  Normal ma fille avait un an.  Pour les bébés le film donne aussi des réponses. Elles sont toutes…Je n’ai pas envie de les décrire. . .. J’ai commencé a avoir des vertiges et la nausée ..
Certains témoins, des  « miraculés » s’écroulaient se disloquaient devant la caméra.
Là j’ai réalisé que le poids des mots,  un gros plan sur un  visage  c’est beaucoup plus dur déchirant que tous les films amateurs pris par les allemands.

La voix de Claude Lanzman, celle des traductrices, des rescapés, celles des rares nazis encore en vie que Lanzman avait « piègés ».

-  Vous serez payé  et je vous  garantis  l’anonymat –  Vous avez ma parole Herr Gr**berg.
 La caméra en plan fixe sur un pavillon de banlieue quelque part près de Munich.
Après je ne sais pas comment Lanzman s’arrange,  tu vois le type pour de vrai comme dans un jeu d’ombres chinoises.   
Tu vois sur l’écran Le nom du type,  son grade dans la SS,  son rôle précis et son  camp (ses juifs)  d’affectation ainsi que la période. 
Ex. Treblinka de 1942 à 1944. - Lanzman flatte son interlocuteur,  Il parle très bien Allemand  

- Vous êtes un des témoins importants  herr  Gr**berg …bla bla bla….
 Et ça marche…   
Des nazis  parlent,  presque  avides de donner tous les détails.  Jamais une larme un regret. La rampe, on coupe les cheveux,  hurlements - coups - giffles -   violences pour montrer qu’il est vain de résister. Une femme  battue à mort, un autre qui pose une question –  le crane défoncé a coups de bottes :  Premier sang à TreBlinka   -  on leur donne l’ordre de  se déshabiller, et vite – Schnell Juden! Une rafale de mitraillette . Le garde ne vise personne en particulier. Il  tire dans la masse compacte. Quelques morts. Et très vite le silence.   La soumission - parfois un hurlement etc. -  Les SS et les « Ukrainiens »  poussent « le tout » à coups de fouets vers les chambres à  gaz et le zyklon B.  Tous les détails du massacre « step by step ».  Il faut que je vérifie certains jours "calmes" en été, Quand Il n'y avait qu'un seul convoi par jour, . je crois que les nazis poussaient la courtoisie – « Apres vous madame »- a faire passer les femmes d’abord.
- Ensuite vous irez prendre une bonne douche chaude.
En fait avec les femmes c’était un peu plus faciles – Elles manquaient  non pas de courage mais de force physique.  A vérifier ; Je ne suis pas sur.
Je sais que les hommes et les femmes étaient séparés dès l’arrivée.    
Les convois arrivent parfois de nuits à 2 heures du matin. Dehors il gèle. Les passagers sont comme happés aveuglés par des gros projecteurs de cinéma,  etc.

Tout était préparé, minuté pour "traiter" un maximum de juifs à Trenlinka comme a Auschwitz-Birkenau ( 2 camps emblématiques)

Le lendemain,  Lanzman amène carrément un paper board et dessine un schéma que le nazi s’empresse de corriger.
- Non herr Lanzman : "comme caSinon  ca n’aurait pas marché" …
Je regardais figé.
Je me rappelle avoir touché ma peau. C’était glacé.
Le nazi donnait tous les détails  la voix est sérieuse,  goguenarde à certains moments.  
C’était magique et terrible obscène, ignoble et aussi fascinant et pervers.  Il n’existe pas de mots pour décrire l’Enfer de la Shoah.  - « C’est arrivé » dira Primo Levi ce survivant  désespéré,  quelques jours avant de se suicider.
Je me suis demandé comment j’aurais réagis si j’avais été capturé en manque d’Héroine. Aurais-je mendié pour un peu de poudre? … D’un coup j’ai eu la chair de poule et des bouffées de chaleurs  Je n’étais ni  défoncé ni  en manque.
Pourquoi m’infliger un tel spectacle ? Je n’étais pas le responsable !  
Encore moins  « le gardien  du temple ».           
Je regardais sans voir. J’écoutais pétrifié. Seul devant la TV  ca m’a semblé évident.  Je pouvais enfin me laisser aller et pleurer sans  retenue.  Je terminais la nuit seul dans la salle de séjour. J’aime la musique du silence à 3 heures du matin.    Je rêvais de trains. Je les entendais rouler  tchak tchak - Le film « Shoah » m’a fait perdre mes dernières illusions.  « Shoah » ?  Le point d’orgue de la folie humaine. La fin d’un peuple, d’une culture la fin du monde des lumières .
Aucune entité politique, aucun Etat n’a bougé. Sauver les juifs d’Europe n’était  pas « stratégique ».
La résistance polonaise des gens courageux « respectables » a refusé quelques armes pour permettre aux jeunes du Ghetto de Varsovie, de mourir avec dignité.
Les juifs installés en Palestine ont eux aussi laissé faire.  Et le projet de Yad Veshem ( les plans) emblématique mémorial de la shoah à Jérusalem  était «prêt» dès 1942.Bien entendu il manquait des petits détails: le nombre de morts, le nombre de camps. En 1942 Personne ne voulait ou ne pouvait imaginer.
Un Aristocrate catholique représentant à Londres la résistance polonaise a fait une visite guidée du Guetto. Il a été épouvanté. Les morts jetés dans la rue etc.
Il devait faire passer un message aux "alliés". Il a passé le message : "tous les juifs du guetto vont mourir- Il faut faire vite!". Pas assez stratégique de sauver les juifs du ghetto.

Pas assez « stratégique » la dignité?
 
Ces jeunes du guettos - Cette poignée de  jeunes dotés d'un armement dérisoire. 
Ils ont tenus les SS en échec. Quelques vieux flingues, des couteaux contre des lances flammes et des tanks. Respect. Mais tous mort  – non pas tous. Jamais . Il y a toujours cette souris qui arrive à s’échapper. Il en fallait du courage de la détermination et aussi un peu d’inconscience pour aider un seul juif entre 1942 et 1945. Certains l’ont fait  à titre personnel. Une bouffée d’humanité. Non beaucoup plus que ça. Ces gens risquaient leur peau. aider un seul juif était passible de peine de mort.
la revolte du guetto 
a commencé en avril 1944 Elle s'est terminé -je crois - en mai  (vérifier)- Ils ont tenu plus d'un mois. La fin des combats s'est jouée souvent au corps a corps à l'arme blanche.

Amertume pas haine


Le film  laisse un gout amer. « Que sont les miens devenus » ? Je croyais tout savoir. Je ne savais rien ou presque. IL est des choses qu’il vaut mieux ne jamais savoir.  Parfois la vérité n’apporte  que du malheur,  de la désolation.  
Mieux vaut rester sur un chiffre,    de vielles photos jaunies.   
J’aurais aimé que l’on me dise « Shoah est un mensonge » ou « Tu as fais encore un mauvais rêve ».          
Mais non.
Personne n’est venu me dire ça.
J’étais comme prisonnier de ce film que très peu on vu en totalité.  
Un héritage si lourd à porter.    
J'ai du faire de la haute couture avec des mots, des larmes salées et une seringue bien aiguisée.  Ensuite  faire couler la drogue  presque sans y penser.
Je me suis  défoncé jusqu’au bout des ongles.  Mais c’est la reine de cœur qui m’a lâché.
… et l’héroïne  encore er toujours.
Héroïne - Héroïne -
Juste toi et moi.
Planqués sous un toit.

En fait la Shoah n'est que le point d'orgue systématique du massacres des juifs d'Europe....

Avant Hitler, ce peintre douteux IL y a eu les cosaques, en Russie, en Pologne : Aller raser un village juif c'était une bonne distraction. Les juifs n'étaient pas armés. Les filles violées souvent tuées. Les synagogues brulées.
En Europe de l'ouest et du sud les juifs furent pourchassés par les chrétiens ( catholique orthodoxe protestants) sans merci comme des chiens au nom de la sainte inquisition !!!  ILs étaient déjà des moins que rien des insectes nuisibles. Peuple déicide, Les juifs  n'avaient pas le droit de cultiver la terre ni celui de posséder des armes -ILs se faisaient donc massacrer sans meme resister. OUi ca me choque c'est terrible. Ce n'est pas de la lacheté c'est presque du fatalisme ". Nous juifs sommes sur terre pour souffrir et mourir n'importe quand. Le seul point d'accord entre chrétiens et musulmans était cette haine viscérale des juifs. Ce peuple veule lache qui avait dénoncé  le Christ. Maintenant c'est principalement en Europe qu'on eu lieux dès le moyen age les premiers progrommes, Des assassinats collectifs - Tout un village dans une synagogue en bois et hop on y met le feu! Ca a surement inspiré les Nazis - ILs n'ont rien inventé. ILs ont juste procédé a une échelle bcp plus vaste et ont "optimisé" pour tuer encore plus de juifs ....en un minimum de temps..  

Ca fait au moins un millénaire de massacres continus.
C'est facile de tuer mais c'est très dur d'éradiquer tout un peuple, une culture.  Les américains ont échoué oui IL reste quelques indiens, abbrutis de mauvaises drogues d'alcool frelatés etc. Mais la tradition se perpetue. . 

Fin Clodb168 Cnash C2013 ClaudeB Révisé en mars 2013. ( Modification mineure)

PS : Shoah, le film ne donne pas toutes les réponses et ne pose pas toutes les questions.
Il faut en passer par le livre « exhaustif » de Raoul Hillberg, un historien américain.
Le titre : « La destruction des juifs d’Europe » – Deux gros tommes de 1000 pages.
Je ne l’ai pas lu. Ce que je sais me suffit.

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