Metha

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27/03/2012 13:45

Thailande 1976

Tags : Thaïlande, metha, sainte anne
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       1976   Le voyage en Thaïlande


Phil et moi on en a marre.

Usagers d'héroine en banlieue est un exercice épuisant... 
Toujours limites niveau smack . Toujours à moitié en manque.  Jamais vraiment défoncés. Pas comme on aurait voulu. A la merci des petits dealers de banlieue et les prix de héro flambent : 150, 200 euros le gramme (1500 francs). On n’a jamais assez pour s’acheter un gramme. C’est de la survie pour un ou deux fixes par  jour. Une existence humiliante, frustrante, faire des kms pour rien. Les seringues sans rien ca énerve. Ca rend dingo. Je m’épuise à ce jeu.
Jico est en prison. Pour trouver un dealer en banlieue ou à Paris on a un cercle de 50 km dont le centre est dans le 93. Tous ces kms a n'importe quel jour ou à n'importe quelle nuit.... Je commençais a perdre espoir
Bouger. Bouger Partir à la source. Changer la donne. Ne plus subir l’intolérable.
Phil avait été déjà  en Thaïlande. Je comptais bien le convaincre d’y retourner.   
En France je me  bats pour quelques fixes de came douteuse.  
Aller en Thaïlande… En fait c’est Phil qui me l’a proposé.
J’ai dis oui de suite.

En Haute Savoie 1976

La préparation.

Ce voyage me faisait peur. J’avais jamais pris l’avion - voyagé sauf des AR Paris Amsterdam. Et une ou deux fois en ferry direction Londres.
La Thaïlande J’avais besoin de m’y préparer car les enjeux étaient  élevés :  15 ans de prison à l’autre bout du monde.
On est descendu en Haute Savoie, Un petit appartement pas très loin de Samoëns.  C’était l’été. On serait au calme. Juste quelques jours de répit. Phil a sorti  plein de cotons gorgés de  came et des dizaines de boites de codéthyline pour les infusions nocturnes.   
Les cotons sont le résidu d’une once de smack. Les restes de son  dernier voyage. Un plan B qu’il ne m’a dévoilé qu’au dernier moment.
- En manque ca sera dur de s’organiser.
Soufflé.  Me respiration a du s’arrêter. On galère depuis 2 mois et il me sort « Les cotons ». Il me tue avec ses plans B…. mais des fois j’aime la mort
Surtout quand elle est blanche.  
On se fixe en faisant hyper attention.  On n'a  pas de filtres "toupis" On filtrait plusieurs fois - la première avec une seringue 2 cc (ml) posée direct sans aiguille sur les cotons. Ensuite Faire bouillir,  tourner tant que c’est chaud,  Filtrer refiltrer exfiltrer surfirltrer,  . et filtrer encore etc.
Cent recettes de cuisine pour ne pas gâcher de  smack
Le résultat des cotons est  fort - très fort.  Ils sont gorgés de blanche. Plusieurs fixes chacun.   On s’est enfin calmé.
Phil m’explique en gros  comment c’est la- bas. IL me parle des Khmers rouges de roquettes à Bangkok. Et au nord les milices du  triangle d’or. Thaïlande en  1976,  partout des flics, des militaires,  des gradés avec des attachés case etc.
Phil me parle de tout … De tout sauf de la dope
Laconique il me balance un truc genre
– Tu  verras sur place t’inquiète y en a plein.

  Le jour « J » .  

On va prendre l’avion en Belgique. D’abord le train direction Bruxelles-midi  puis un taxi. Et direct l’aéroport et  la salle d’embarquement.
J’ai l’impression que tout va trop vite,   que je regarde un film : c’est l’histoire de deux types qui vont en Asie du Sud …. Mais leur destin va se jouer autrement, dans la rue, la came et la prison à vie.  

  Un gros DC un Jumbo-jet

C’est  la première fois que je prends l’avion. – Maman je te jure c’est la vérité !  Je fixe le DC  incrédule. Je me demande comment ce gros machin peut voler. Ce tas d’acier et d’électronique ? Impossible. On va se planter. Ce truc  là ne peut pas voler.
Clair on va s’écraser.
Adieu la vie adieu l’amour . Ne jamais rater une occasion de s’angoisser. J’écoute hyper attentif, concentré,  chaque conseil de l’hôtesse. « En cas de dépressurisation». Elle veut dire quoi ? Si les vitres explosent ?
Hélas après la présentation il n’est pas prévu que les passagers posent des questions.   
Je cherche le masque  à oxygène et les canaux de sauvetage. Je le dis à Phil. Je sens que je l’énerve.
L’accélération au décollage me surprend  et le DC finit par s’envoler. A un instant T les roues ne touchent plus le sol …/C’est super comme sensation.  Au cas où je me récite une prière.
J’aperçois des voitures minuscules en bas dans un autre monde.   On dépasse un gros banc de nuage  et d’un coup plein soleil. On survole une mer de nuages noirs  
Une hôtesse passe : Champagne  double whisky etc.
On fait escale à « Abu Dhabi »,  Escale Duty Free grand luxe. Je découvre les scheiks du pétrole. Ils marchent sous une tente  tenue par quatre noirs. Un peu comme dans Cléopâtre avec un zest de Lawrence d’Arabie. Un autre sniff aux toilettes. J’ai les mains qui tremblent. Je me fais engueuler par une hôtesse car je fume  trop  près de l’avion  (IL se recharge en carburant ).
On fait une seconde escale aux Indes. Très courte il fait  nuit.  
Personne ne sort.  
J’aperçois trois soldats qui discutent autours d’un feu. .
On redécolle - Un dernier sniff -  limite - dans les toilettes de l’avion. J’ai du en laisser  tomber. L’hôtesse me regarde comme si j’étais dans les vapes.

   Bangkok
.
Aéroport international de Bangkok – Chaleur torride humide, sale, poussières en suspension.
A l’arrivée, sur le tarmac des dizaines d’avions militaires américains.
C’est encore la guerre ici ? Les américains doivent rapatrier leur flotte,  le matériel, Toutes  les infrastructures de la guerre du Vietnam.
Le  Cambodge,  les Khmers rouges ne sont pas très loin.
Thaïlande, insectes de toutes tailles, - Tout le monde a peur. Depuis que des étudiants ont été pendus sans sommation,  pour l’exemple,   à l’entrée de l’université – pour montrer la volonté du gouvernement militaire.
Pas de réformes.
Les khmers balancent  une  roquette  sur Bangkok. Tu te couches de suite des que tu entends le  sifflement. On est loin du point d’impact Le souffle arrive jusqu'à nous – Ensuite Boum !
Bangkok je découvre la foule  car on est à pied. Faut se frayer un chemin. C’est mon premier contact avec le tiers monde la surpopulation On finit par se retrouver dans un coin  plus calme et on se prend un vrai taxi.

  Prostitution
 
La prostitution m’a sauté au visage comme dans un film X. Je suis mort là bas au bout du monde.

Dans un taxi étouffant quand le chauffeur m’a proposé de coucher avec sa fille de 12 ans….,qu’il te montre avec fierté, photos à l’appui. On lui dit non merci on vient juste d’arriver. On prend sa carte de visite -  en anglais au  verso. On la balancera plus tard. Sale con !  On  est pas venu pour des filles de 12 ans. Et on est déjà en manque. On en a pris trop dans l’avion.  Tous les deux en manque  et « pas question de s’en procurer avant l’arrivée à Chiangmai ».

J’ai pris de l’immodium de la viscéralgine, du valium et un tout petit peu de speed.
Pour le speed je l’ai pas dis a Philippe.
Il m’aurait tué.
Je suis les consignes prévues en France. Tendre vers le risque minimum.
On ne passe qu’une nuit à Bangkok. On loge dans un palace ou se côtoient  des militaires de haut grade,   des australiens a la peau rose, des américains de la CIA et des chinois avec une drôle de tête. Phil me précise que sont des Thai’s.

  Elles sont belles les filles.  

Impressionnant le balai des putes. Elles sont innombrables. Des fourmis qui arrivent en vélo,  en bus, en pousse pousse, en Taxi, en soucoupes volantes,  etc.
J’en ai le souffle coupé.J’en aperçois une qui porte un bébé sur le dos -  Très belles, et dire le contraire relève de la tartufferie.
Oui je n’arrête pas de les mater depuis le hall, le lobby de l’hôtel.  
-Tu peux les commander par téléphone comme une vodka tonique, me lance  Phil l’air blasé et cynique … alors qu’il est sensible comme une rage de dent..
Pour l’instant on s’envoie des Cocas, des toniques,  plein de glace pilée.
J’ai une de ces envies de me faire un shoot

  Bangkok… Chiangmai
 
Une nuit en bus vers Chiangmai,   Vers le Triangle d’or. Barrages militaires tous les 50 km  Dans le bus,  que des Thaïs et nous deux.  Inspection des papiers,  des bagages. Les soldats sont énervés ou alors c’est moi ou le manque ou c’est juste leur manière naturelle de hurler.
Une nuit pour faire 400 km-500 km.. Une courte nuit. On descend une fois ou deux pour se restaurer, avaler un soda - se laver un peu, etc.  Au matin, on découvre un paysage de rizières, un soleil timide,  et très vite on arrive à destination.  La chaleur se fait plus supportable, l’air est plus sec que dans la capitale.

  Chiangmai 11 Heures am


On descend dans un «Guest house», un hôtel pour jeunes Une heure par jour il y a un peu d’eau  pour se doucher. L’eau n’est pas potable.
Dans notre Guest House il y a des jeunes sportifs. En tout moins d’une dizaine de clients. Des Canadiens,  des Australiens. On échange quelques mots au petit déjeuner.  Ils nous parlent de «Trecking». De balades dans la jungle avec un guide. De réveils à 4heures du matin pour éviter la trop grosse chaleur. De rencontres avec un tigre à l’heure du thé.  
La ville est truffée de moines bouddhistes. Leur tenue rouge et or donne un peu de couleur au paysage délavé par les premières pluies qui annoncent la mousson. La pauvreté sur des km2 de bidonvilles sur équipés  de grosses TV Japonaises. Il fait si chaud les gens sont tous dehors pour regarder.
Je découvre les "touks touks". Les petits taxis collectifs.
Il y a aussi des touks individuels tirés par des vélos ou des êtres humains à pieds.
Je me souviens d’une femme mure, une touriste blanche, qui s’extasie sur ces «beaux corps en mouvements».
Ouais ce pays est pourri.
Sauf que je n’y connais rien en Pays pourris. C’est la première fois que je suis aussi loin de ma base, paris le 93.
 
 You want smack?
 
Les gosses t’abordent direct dans la rue et te proposent du smack.
- Sir sir  you want smack ?
Ils courent après les touks, les nouveaux arrivants.
- You want smack ? Sir please very good smack. good prices - « Smack ? » je croyais que c’était de l’argot New Yorkais
Ils te suivent on doit les semer.    

  Prises de risques a 14H30

On va tous les deux voir un dealer. Il réside dans une  grande maison sans caractère, dans la banlieue de Chiangmai. Les murs sont couverts de photos de filles Des photos pornos des fois qu’on aurait oublié qu’on est en Thaïlande.  Sur une table un gros flingue avec une crosse argentée (Un briquet ?).
En prime on a aussi le droit d’écouter de la mauvaise pop.  De la disco locale.  J’aimerais être ailleurs - Me cacher sous la moquette. IL n’y a pas de moquette.  On achète 5 grammes juste pour goutter, dans un petit sachet en plastique transparent.
On n’a rien pris depuis notre arrivée à Bangkok. On renifle tout le temps. On file dans un touk touk  qui a du avoir un pot d’échappement dans une autre vie.

  Seringues et bouteille d’Evian à 15 heures

On rentre dans notre « Guest house »  Ca fait trois heures qu’on est à Chiangmai. Tout se précipite.  Je  file  acheter deux seringues et une petite bouteille d’Evian. Les seringues sont en vente libre mais l’Evian est impossible à trouver.  J’achète de l’eau minérale Thaï. « Spring water ». Je tremble de partout c’est le manque et l’envie d’un fixe et l’excitation et aussi la peur.
On teste.
La poudre est presque pure. On en prend juste une  petite pointe minuscule - Et on évite l’OD de justesse.  Phil me retire la seringue a moitié injectée. Tu avais les yeux blancs Clodb putain ! Après Je plane sur un nuage bien au dessus des nuages. De l’héroïne aussi forte je ne savais pas que ça existait.
Deux jours plus tard,  on croise notre dealer par hasard dans le centre de Chiangmai. Il est en voiture et nous fait de grands signes.

Lézards transparents

 
La nuit le plafond de notre chambre est tapissé de lézards transparents.
De temps en temps tu en reçois un sur la tête.
Impossible de dormir. Je sors fumer quelques cigarettes. Le chant des crapauds est insoutenable, lancinant, il ne s’arrête qu’au lever du jour.  Pas d’eau courante. Pas de tout à l’égout. On a juste un peu d’eau potable amenée avec gentillesse par le propriétaire, dans un vase en grès. Il nous passe  aussi des  bâtons d’encens anti-moustique Il fait chaud et humide. On colle de partout. On se sent sale. On est sale. On prendrait bien une vraie douche. On respire mieux qu’à Bangkok mais il faut être accro pour se shooter dans ces conditions.
« Après on prenait beaucoup de smack… on était gravement stoned en vérité »
Dixit Phil.
Mais jamais  assez pour effacer cette boule de peur au creux de l’estomac, pour éviter des diarrhées défiant toute logique.
On est parti très juste en fric (tout pour l’héroïne)  mais on vit largement au dessus du Thaïlandais moyen.  
 
  Des motos 125 trial
 
On reste deux bonnes semaines.  On se loue des motos 125 Trial et on essaye de bien tenir notre gauche.
C’est  la première fois que je fais de la moto. On se balade autours de Chiangmai. C’est un peu les vacances. Ca fait du bien de se relaxer. Essayer d’oublier qu’on doit ramener trois onces chacun.  Trois onces. Ca me semble énorme.  On se retrouve  dans des endroits superbes des temples – des monastères perchés à  flanc de montagne.
Un jour on se perd en rase campagne.
Une femme est courbée dans une rizière. Un  panneau «coca cola» est accroché près d’une maison en bambou.  Un éclair zèbre le ciel plombé. - Déchire un superbe arc en ciel. Il commence à pleuvoir. La pluie est chaude douce, tiède et sale comme nous. On capte ça et là des odeurs d’encens. Paumés  dans une rizière à moins de dix kilomètres de ChiangMai. Finalement on stoppe un Camion  presque vide..  Je lui demande une/ deux/ trois fois  ou est ChiangMai  et il rigole. Le chauffeur parle quelques mots d’anglais-Thaï.  
Il nous embarque avec les motos et nous dépose  près d’une  borne en Anglais. C’est écrit « Chiangmai km 8 » en tout petit.  On est soulagés  on lui file un paquet de Marlboro,  toujours apprécié ici.

  Parano
C’est juste la parano de l’après Vietnam. Une guerre largement entrevue à la TV en France. Une guerre que l’on a pas faite.
Mon Vietnam  fut le speed et l’heroine. Une drole de guerre ou on perd a tous les coups. La parano du Sud est asiatique. La parano, quoi.
Au dernier moment on change de Dealer.
Il parait que le notre rabat des clients potentiels pour les stups.  J’ai l’impression que Philippe me ménage. Je ne suis jamais là quand Il y a du danger.
Le même jour Il part le soir revient  dans la nuit.
Je commence à m'habituer aux lézards - Y en un petit qui vient me voir me grimpe sur le ventre. Surtout ne pas s'attacher!
Finalement on a de la dope et elle est super bonne. Après on achète des préservatifs, de la vaseline, pour mieux faire glisser chaque  paquet dans l’anus. Ca fout la trouille. Heureusement Phil est toujours là pour m’expliquer. C’est sa troisième fois. Une once par paquet. Le paquet est enveloppé de préservatifs et pas question que ca craque.

DANGER ?
En 1981 ( ?) Je découvrirai le reportage « Charters pour l’enfer » qui informe  –enfin  - Sur les dangers des  voyages en Thaïlande très attrayants pour les jeunes de banlieue en quête d'aventures insolites pour pas trop cher - Tous ne ramenent pas de dope.
Je crois qu'un peu d'herbe locale suffit pour te valoir de gros gros ennui.. 
 
RDR : 2012 Heroine dans des préservatifs le tout dans ton corps ; Ce mode de passage est connu Ils ont des chiens.
Il peuvent te garder pour examen. La tu es foutu dès que le manque te file la chiasse … Et surtout Il n’y a plus bcp de smack en Thailande IL faut aller plus au nord. 
Et si un des paquets éclate en vol c'est l'OD et la mort assurée.

  Not show to customs


Derniers moments à ChangMai – on se paye un resto un peu « classe »  On mange dehors. De gros insectes volants tournent autours des tables.  Les Thaïs semblent ne pas les remarquer. Bon. On ne mangera peut être plus avant Bruxelles. On s'envoie un poison violent le fameux "Whisky du Mekong" qui ne coute pas cher. On survit à une gueule de bois.
Je pense au  "point rouge" Le passage de la douane à Bangkok International Airport La nuit je fais des cauchemars - IL est temps de rentrer..

Derniers jours à Chiangmai  (en septembre).
 
On fait gaffe de ne pas être suivi. On rentre dans des magasins d’où on ressort aussitôt,  On trace en  taxis collectifs, etc. On change de Guesthouse  la dernière nuit à Chiangmai.  On est sur nos gardes. Tout le temps. Au bout de quinze jours ça devient fatigant.
Phil achète une pipe à Opium dans un magasin de souvenirs. Elle est superbe. La vendeuse aussi  nous prévient « Pipe- Dangerous – Forbidden- Not show to  Customs »  C’est typiquement Thaï comme attitude. Si c’est «interdit-dangereux» pourquoi elle en en vend ? En fait la pipe est purement décorative.
.... mais à l’époque on n’en sait rien.
La pipe n’était pas exposée dans la vitrine il a fallut  demander plusieurs fois.
Not show to  Customs !  Oui  merci beaucoup… on n’est pas débiles à ce point. On dira rien.
Voyage retour en bus ou en train ? Je ne me rappelle pas.

Trois onces d'heroine dans le corps


Une ligne de train relie Bangkok et Chiangmai, datant de la colonisation. anglaise. On repasse une nuit à Bangkok. Le temps de s’enfiler calmement les trois onces. Une fois que les trois paquets sont à l’intérieur de mon corps… je ne sens rien. J’ai pas peur - inconscience ? Je fais confiance a Phil  me  dit que c’est pas dangereux si c’est bien fait. C’est lui qui s’est chargé de la confection des paquets les as bardés,  enveloppés de préservatifs.
Un petit sniff juste avant de partir pour l’aéroport. On s’est douché et rasé de près. Je retire mes lunettes noires. Le miroir me renvoie de la peur. Normal compte tenu des enjeux.   
Ensuite je me lance … On passe la douane Thaïlandaise sans aucun problème. Ouf ! –  moins d’une minute pour chacun. Le mec fouille  mon sac de voyage. J’ai aussi du Chivas et des clops en Duty Free et une cartouche de Cloppes.


On arrive a Bruxelles,  on a peu de smack,  assez pour sniffer et se shooter à l'arrivée.

  Arrivée à Paris Gare du Nord. On s’installe dans un petit hôtel. Ensuite trop d’héroïne tue le plaisir de la dope. Je  sentais plus rien.
A chaque fois que je tournais quelqu’un. Filles ou garçons. J’avais peur qu’ils me fassent  une OD.
Apres on l’a coupée une première fois.
C’était pas encore assez. Toujours des OD. Bcp trop. On arrêtait  pas d’y penser.
On l’a recoupée une seconde fois.  
Meme pour nous  on garde la poudre «coupée une fois».
Y a pas de logique pas de plans. Putain j’en ai ras le bol de l’hero.
Plaisir zero.
Je reste au lit le jour la nuit.
Je ne me leve que pour me shooter. Les grammes filent très vite.(....)  Un jour le gros sachet est vide. Tu t'es shootés tous les cotons; Je me souviens avoir cavalé chez Phil qui m'a filé un bon gramme.
Le lendemain j'ai  plus rien.
Je vais en acheter a Bondy un demi gramme de saloperie pour 600 francs.
la je me dis il est temps de stopper - arrêter les frais  

Si j'avais assumé
....

Je ne serai pas retourné chez mes parents.
Je me serai installé avec phil dans un hotel ou une piaule. Et on aurait dealé tous les deux. J'aurais été au bout de la  route. Qui sait ce qui se serait passé. Phil était un sacré bon pote et Il m'a dit bien plus tard que le l'avais déçu. Et je m'éclatais à mort avec lui. Je l'ai senti quand on a pris chacun notre route.
Une boucle de tristesse sur l'estomac et envie de fumer du sheet. De recommencer le circuit à zéro. Je sais je sais c'est pas possible.

Sauf que j'allais toujours voir Phil. Mais c'était plus pareil. Phil a tout envoyé balader après ce voyage et Il attendait la même chose de moi.
Des occasions comme ça j'en aurais jamais plus.
Je me serais bien tapé la tête contre les murs.
Toujours entre deux eaux. Je ne voyais pas mon avenir d'usager d'heroine. Mais sans héroine je me disais  que j'y arriverais pas. Comment on appelle ça?
Naitre du signe de la balance. Trop facile pour ne pas fouiller un peu plus profond.
Je savais pas ce que je ferai après.
Dommage on aurait du en discuter "avant" le voyage.
Mais on l'a pas fait.
Et ça n'aurait rien donné.
J'hésitais encore .... Phil lui était déterminé, enfin qu'est-ce que j'en savais?.
Il avait intégré la prison les différents risques. IL pensait que j'avais tors de me prendre la tête. Que la vie aventureuse , la drogue, l'heroine etait le seule issue "naturelle"
Je ne me souviens plus très clairement mais j'avais déjà pris "mes" distances.
La prison vraiment ça me disait rien. Et la "précarité" d'un petit consommateur de drogue qui dealait de temps en temps ne me faisait pas rêver.
Les OD là je m'en foutais. Elles étaient rares pour phil et moi. On se rendait compte de rien. Souvent on se faisait des surdoses. Après on piquait du nez.
On s'endormait lourdement.
Fallait juste ne pas être seul.
Quand ça arrivait a Phil j'entendais sa respiration.
Au pire si j'avais le moindre doute je connaissais un bon urgentiste que je n'hésitais pas à l'appeler.
IL me conseillait par téléphone ou passait si il avait le moindre doute.  
Je préférais quand on jouait en division "amateur". En dilettante.
Bon c'etait pas si clair ....Sinon phil n'aurait pas fait cette cure de méthadone avec moi..... quand je lui ai proposé. Il me semble que Jico a dit Niet pour la cure. IL galérait autant que Phil et moi.

(A approfondir)  

Cure de Methdone – je décroche – bientôt le désert du Neghev



Paris - Février 1977 – Cure de Méthadone d’un mois – tous les jours a l’Hôpital St Anne, faire pipi et voir le psy, Dr Ben Yacouv un type qui réfléchit beaucoup plus vite que moi et a toujours un coup d’avance.  Je fais le test des taches. Pas les taches de rousseurs de la psychologue, jeune un peu perturbante.  J’aime ses perturbations.  Je la drague direct… sans succès. Le test de Rodach c’est celui ou je vois des scarabées extra-terrestres, des vaisseaux spatiaux en 3D,   des monstres qui veulent me tuer, etc. et des fois je vois rien - rien du tout. Alors je passe, comme au Poker.  
Dernier entretien avec ben Yacouv :
- Clodb  t’es plus accro,
et tu n’as pas le « profil » du Junkie En 1977-- ils avaient « eux aussi » le  profil du «junkie» . Je l’ai toujours pas  ! Je suis vexé a mort. A Marmottan 1975 déjà j’avais pas ce foutu profil.
- Clodb tu as la chance de pouvoir changer de pays, de vie  – Essaye au moins !  Et ne reviens pas avant cinq ans.
Je  me souviens  de ses paroles exactes.  5 ANS.

Bientôt le désert du Neghev, lsrael  ?

Et non car Je me raccroche. Nouvelle cure. Je pars à la campagne avec Jico et ses copines. On s’éclate sans comprimés ni drogue. Juste on picole bcp bcp trop. Et il y a cette nuit atroce. Rage de dents je prends une boite de Glifanan. Un antalgique efficace mais qui détraque  les reins. Je me fais un blocage, de l’urée, et 2 mois à l’hosto. J’ai enfin le feu vert des toubibs. Mon départ a été deux ou trois fois retardé. J’aurais aussi bien pu en crever. Etre dialysé a vie. Petit a petit ca va mieux. J’ai un super moral. Me casser de Paris pour Israël ? Je mesure la chance que j’ai. Dehors il fait froid il pleut.
Je regarde la météo de Tel Aviv, 33 degrés soleil - l’eau est à 26 degrés.
 Je pense que c’est ce qu’il me faut. Que j’ai un sacré bol. En vérité rien ne va se passer comme programmé. 

Le coup d'état et la  bulle d'héroine

Durant ce voyage j'ai très peu entendu parler du coup d'état - Peut être j'en ai pas entendu parler du tout.
Sauf une fois de retour a Paris. Ah si on a tous entendu parler de pendus. Des étudiants. Comment ne pas avoir peur quand tu viens de France? 
Pourquoi y avait autant de militaires entre Bangkok et ChiangMai?
pour intimider les communistes, les drogués? Non surtout les THais "complices" des insurgés, les rouges, 
Je ne me suis senti mal  mal d'y avoir été cette année là. Je ne savais pas. Je sentais une ambiance pourrie. Phil m'a dit "c'est normal". En en reparlant récemment je l'ai gavé en critiquant sur des détails non significatifs ce pays facho. Je savais tres bien que la Thailande avait joué un role essentiel comme support des GI's et des forces spéciales au Vietnam, au Laos, au Cambodge
Le coup d'état ?J'en savais quedal.
En fait les drogués "locaux" étaient encore rares. Les drogués Ils venaient de l'étranger et là encore on était peu nombreux. Les étrangers, les hommes à la peau blanche rougie par le soleil.... une poignée attirés surtout le sexe à 2 dollars. Début du tourisme sexuel.
Les drogués sont (hélas) trop facilement repérables. Costumes et coupe Jesus de hippie. Putain on était plus en 1968 mais pour les flics les militaires c'était comme de porter une étoile jaune. Fallait une grosses dose d'inconscience ou une totale méconnaissance du sort réservé au toxicos.
Une période instable. En Thailande encore aujourdhui l'armée est très visible dans les hotels, les transports, les aéroports etc. Les raisons ont changé.
L'armée est toujours au premier plan. En quête d'un mauvais coup.
ANNEXE SUR LA THAILANDE QUI EN FAIT RÊVER CERTAINS

 THAILANDE 1976 Le coup d'état militaire- Rawai.fr

rawai.fr/histoire-de-la-thailande/index.html
Histoire de la Thailande, du siam, pendant les guerres mondiales, ... Après la fin de la monarchie absolue en 1932, la Thaïlande a vécu soixante ans de pouvoir militaire ..... En 1957, le maréchal Sarit Dhanaraj (=Thanarat) prend le pouvoir et force ... Le 6 octobre 1976, l'armée a lâché les paramilitaires sur les manifestants, .
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=12&cad=rja&ved=0CDMQFjABOAo&url=http%3A%2F%2Frawai.fr%2Fhistoire-de-la-thailande%2Findex.html&ei=GizUUoubCYOr0gWm0ID4Aw&usg=AFQjCNGKmjZhYumbl7ER6JacHzyUuotvlQ&bvm=bv.59026428,d.bGQ

Thailande Oh Thailande : Peine de mort
Qu'en pense Admnesty International?

Confirmation de peine capitale. Le 15 octobre, la Cour suprême a confirmé la peine capitale prononcée par un tribunal de première instance à l’encontre de Jirasak Chatworanit, 32 ans, membre de la tribu Yao.
En 2005, il avait été arrêté en Chine pour la possession de 60 kg d’héroïne, et de 137 000 pilules de méthamphétamine. (Bangkok Post)- Qui sont les personnes se trouvant dans le couloir de la mort ? Les condamnés à mort sont la plupart du temps des gens pauvres et dont le niveau d’
éducation est très bas. Ce sont aussi des gens qui n’ont pas d’avocat ou ont un avocat peu compétent ou peu motivé, car mal rémunéré.
Beaucoup ( de condamnés) ont été forcés à signer des aveux et ont parfois été frappés ou torturés. Tous les dysfonctionnements et les discriminations dans le système policier et judiciaire thaïlandais se retrouvent de manière amplifiée ici.
Les condamnés à mort subissent deux choses difficiles : l’effet psychologique de l’incertitude de leur sort et également le fait d’être enchaîné (en Thaïlande, les condamnés à mort portent des chaînes aux pieds)
Plus?
http://www.amnesty.fr/sites/default/files/abolir_87.pdf

1976 Tous les  prisonniers portent  des chaines au pieds quand Il sont  présentés au juge.
Voir le reportage TV, "charters pour l'enfer" prise de son quasi impossible .... le plus des chaines recouvre celui des prisonniers qui tentent d'expliquer... la situation dans laquelle il se sont fait piégés.
Ce reportage m'a fichu la trouille rétroactivement. Je me doutais que c'était dans ce style. Mais là c'était filmé par un vrai journaliste pour lancer
une balise un warning ...aux amateurs d'exotisme opiacé.
La mort peut être pas ....l'Enfer oui pour un jeune occidental se faire piquer en 1980 c'est se retrouver en Enfer.

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